Origine et histoire du Château de Rochebaron
Le château de Rochebaron, mentionné dès 1173 dans le cartulaire du prieuré de Chamalières, était un siège de mandement stratégique à la frontière du Velay et du Forez. Son territoire englobait une grande partie de l’ancienne paroisse de Bas et s’étendait sur des paroisses voisines comme Monistrol. Initialement propriété de la famille des Rochebaron, il devint un enjeu de pouvoir entre les comtes de Forez et les évêques du Puy à partir du XIVe siècle, reflétant les tensions féodales de la région.
Au début du XVe siècle, Érail II de Rochebaron, ambitieux seigneur et conseiller du duc de Bourgogne Jean sans Peur, entreprit une reconstruction majeure du château. Les vestiges actuels, dont une chapelle, une porterie à tourelles et deux hautes tours (circulaire et triangulaire), datent de cette campagne de modernisation. Les travaux, inspirés par l’architecture militaire bourguignonne, furent probablement interrompus après la mort de Guigues II en 1424, marquant la fin de la branche aînée des Rochebaron.
Le château fut progressivement abandonné à partir du XVIIe siècle, tombant en ruine malgré des réparations minimales pour maintenir ses tours en tant que prisons. Au XVIIIe siècle, il était déjà décrit comme « en ruines », avec seulement une chapelle, des greniers et deux tours carcérales encore debout. Après la Révolution, des démolitions délibérées accélérèrent sa dégradation, bien que des vestiges comme la tour circulaire et la chapelle aient subsisté jusqu’au milieu du XIXe siècle.
Classé Monument Historique en 1951, le site est depuis 1972 préservé par une association de bénévoles, Les Amis de Rochebaron. Les ruines, situées sur un éperon rocheux à 1,5 km de Bas-en-Basset, comprennent plusieurs enceintes emboîtées, dont un noyau central avec la chapelle et les tours, entouré d’un terre-plein fortifié. Des éléments antérieurs au XVe siècle, comme des soubassements du XIIIe, subsistent également.
Le château illustre les conflits féodaux entre le Forez et le Velay, notamment à travers les hommages successifs des seigneurs de Rochebaron aux comtes et aux évêques. Son déclin, amorcé dès le XVIIe siècle, s’explique par le désintérêt des propriétaires successifs, comme les La Rochefoucauld, qui le laissèrent se dégrader. Aujourd’hui, il offre un témoignage architectural des transformations médiévales et des luttes de pouvoir en Auvergne-Rhône-Alpes.