Origine et histoire
Le château de Rochebaron, mentionné dès 1173 dans le cartulaire du prieuré de Chamalières, était à l’origine le siège d’un mandement stratégique à la frontière du Velay et du Forez. Son territoire couvrait une grande partie de l’ancienne paroisse de Bas-en-Basset et des zones voisines comme Monistrol. Les premières traces écrites de la famille de Rochebaron remontent à 1163 avec Pons de Rochebaron. Le château, objet de conflits entre les comtes de Forez et les évêques du Puy, fut donné en 1214 par Philippe Auguste à l’évêque Robert de Mehun, marquant une intervention royale dans la région.
Au XIVe siècle, la mouvance féodale de Rochebaron se partage entre le comte de Forez et l’évêque du Puy, créant des tensions persistantes. Les seigneurs de Rochebaron, vassaux des deux parties, furent impliqués dans des hommages complexes, comme celui de 1325 où Héracle Ier rendit hommage au comte de Forez pour une partie du mandement. Les conflits entre seigneurs, comtes et évêques se multiplièrent aux XIIIe et XIVe siècles, reflétant les luttes d’influence dans cette zone frontalière.
Au début du XVe siècle, Érail II de Rochebaron, ambitieux conseiller du duc de Bourgogne Jean sans Peur, entreprit une reconstruction majeure du château. Les vestiges actuels, dont une chapelle gothique, une porterie à tourelles et deux hautes tours (circulaire et triangulaire), datent de cette campagne. La tour triangulaire pourrait être le vestige d’une « maîtresse tour carrée » mentionnée en 1402, tandis que la tour ronde, construite avant 1419, servit plus tard de prison. La mort prématurée de Guigues II en 1424 mit fin aux travaux, et la seigneurie passa aux Chalencon-Polignac par mariage.
À partir du XVIIe siècle, le château fut progressivement abandonné. Les La Rochefoucauld, propriétaires au milieu du XVIIe siècle, n’y résidaient que sporadiquement. En 1743, un acte décrit déjà un « château en ruines », où seules la chapelle et les tours, utilisées comme prisons, faisaient l’objet d’un entretien minimal. La Révolution accéléra son déclin : la chapelle Saint-Antoine fut pillée, et des démolitions délibérées eurent lieu au XIXe siècle pour récupérer des matériaux. Au milieu du XIXe siècle, les plans cadastraux montrent encore des vestiges couverts, mais la dégradation était avancée.
Depuis 1972, une association de bénévoles, Les Amis de Rochebaron, œuvre à sa préservation. Le site, classé monument historique en 1951, comprend aujourd’hui les ruines du noyau résidentiel et défensif du XVe siècle, ainsi que des traces d’enceintes successives. Les fouilles et restaurations ont permis de mettre en valeur la porterie, la chapelle, et les deux tours emblématiques. L’histoire du château illustre les enjeux politiques et militaires de la région, entre Velay, Forez et pouvoir royal.
Le château se dresse sur un éperon rocheux, à 1,5 km de Bas-en-Basset, et se compose de plusieurs enceintes emboîtées. Le noyau central, entouré de murailles, abritait la chapelle et les tours, tandis que la basse-cour accueillait autrefois un hameau. Les vestiges les plus anciens, comme les soubassements de la chapelle, pourraient remonter au XIIIe siècle. La tour triangulaire conserve des traces d’une structure antérieure écroulée, témoignant des reconstructions successives. Aujourd’hui, le site offre un panorama sur l’histoire féodale et l’architecture militaire de la fin du Moyen Âge.