Origine et histoire du Château de Romefort
Le château de Romefort est un ancien château fort érigé entre 1180 et 1190 par Gaudin de Romefort, premier seigneur connu. Situé sur la rive gauche de la Creuse, à 900 mètres de l’église de Ciron, il contrôlait un gué stratégique. Le donjon, cœur défensif, est construit en pierre de taille avec quatre étages et un escalier extérieur. Entre le XIIIe et XVe siècle, le château passe aux mains des familles Culant puis Sully, avant d’être acquis en 1548 par Pierre de Segondat, général des finances de Guyenne. Une querelle juridique oppose alors les Segondat aux Sully, résolue en 1597 par Jean d’Harambure (dit le Borgne), qui unifie le domaine après son mariage avec Marie de Segondat.
Au XVIIe siècle, les Harambure, protestants, gèrent activement le domaine jusqu’à la révocation de l’édit de Nantes (1685), les contraignant à l’exil. Le château est ensuite morcelé après la Révolution, passant aux marquis de Belabre, puis à la famille de Bondy au XIXe siècle. Entre 1872 et 1877, une restauration majeure est menée par l’architecte Alexandre Arveuf-Fransquin dans le style troubadour, avec destruction partielle des ailes anciennes et reconstruction du donjon. En 1921, une aile perpendiculaire est ajoutée par Henry Dauvergne. Le site est partiellement classé Monument Historique en 1993 et 1994, incluant le donjon, le moulin, et des éléments défensifs.
Le logis, haut de 30 mètres, combine résidence seigneuriale et défenses (quatre tours d’angle, douze bretèches). Le donjon, en pierre de taille, conserve une voûte d’ogives au rez-de-chaussée et une coupole dans sa tour d’escalier. Les couvertures mêlent tuiles, ardoises et pierre, reflétant les campagnes de construction (XIIe, XVe, XVIIe et XIXe siècles). Le château est aussi connu pour être le lieu de conversion du père de Foucauld par la comtesse de Bondy. Des relevés architecturaux (1859) et des projets non réalisés (comme une reconstruction gothique flamboyante) témoignent de son évolution complexe.
Les éléments protégés incluent les défenses du donjon, les courtines ouest/nord-ouest, les façades du logis, et les vestiges de l’enceinte sud. Le moulin, modifié au XIXe siècle, complète l’ensemble. Les archives départementales de l’Indre et des études comme celles de Jean Mesqui (1987) ou Henri de Forbin (1931) documentent son histoire, liée aux familles nobles du Berry et aux transformations architecturales successives.