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Château de Roquefère à Monflanquin dans le Lot-et-Garonne

Patrimoine classé
Patrimoine défensif
Demeure seigneuriale
Château
Lot-et-Garonne

Château de Roquefère à Monflanquin

    D257
    47150 Monflanquin
Château de Roquefère à Monflanquin
Château de Roquefère à Monflanquin
Château de Roquefère à Monflanquin
Château de Roquefère à Monflanquin
Château de Roquefère à Monflanquin
Crédit photo : Jacques MOSSOT - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1500
1900
2000
1279
Première mention écrite
1280
Cession à Jean de Grailly
1305
Visite de Bertrand de Got
1453
Prisonnier de Castillon
1470
Restitution aux Grailly
1963
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les façades et les toitures (cad. A 963) : classement par arrêté du 20 juin 1963

Personnages clés

Édouard Ier d’Angleterre - Roi d’Angleterre et duc d’Aquitaine Propriétaire en 1279, cède Roquefère à Jean de Grailly.
Jean de Grailly - Sénéchal d’Agenais Premier seigneur attestée, famille possessrice jusqu’au XVe siècle.
John Chandos - Chevalier anglais Bénéficiaire temporaire du château par Jean II de Grailly.
Jean de Foix-Candale - Seigneur et combattant Rétabli propriétaire après 1470, prisonnier à Castillon.
Jean de Chaussade - Seigneur protestant Dit *« capitaine Calonges »*, impliqué dans les guerres de Religion.
Jean II de Rochefort - Marquis de Théobon Transforme le château, acteur de la Fronde.

Origine et histoire

Le château de Roquefère, situé à Monflanquin en Lot-et-Garonne, fut construit à l’extrémité d’un plateau surplombant la Lède. Il contrôlait les voies d’accès entre Monflanquin, Castillonnès et Villeréal. Mentionné dès 1279 sous le nom de « lo repaire de Roquefera », ses parties les plus anciennes, dont un donjon carré et un manoir gothique, datent de la fin du XIIIe siècle. Le site fut cédé en 1280 par Édouard Ier d’Angleterre à Jean de Grailly, sénéchal d’Agenais, marquant le début d’une longue possession par la famille Grailly, liée aux vicissitudes de la guerre de Cent Ans.

Au XIVe siècle, le château changea plusieurs fois de mains au gré des alliances et des conflits. Jean II de Grailly le céda à John Chandos, puis le domaine fut disputé pendant un siècle entre les héritiers Grailly et des usurpateurs comme les Hébrard. Après 1470, Jean de Foix-Candale, descendant des Grailly, récupéra Roquefère et le transmit à sa fille Lucrèce. Le château connut ensuite des transformations architecturales aux XVe et XVIe siècles, dont l’ajout d’une tourelle d’escalier et de fenêtres à meneaux, reflétant son adaptation à des usages résidentiels.

Aux XVIe et XVIIe siècles, Roquefère passa entre les mains de familles protestantes comme les Chaussade, impliquées dans les guerres de religion. Jean de Chaussade, dit « capitaine Calonges », en fit une place forte huguenote avant que le château ne soit vendu en 1604. Au XVIIIe siècle, il appartint à la famille Fournier de Saint-Amans, puis aux Chasserel et aux d’Anglars par alliance. Classé Monument Historique en 1963, il conserve des éléments défensifs médiévaux (créneaux, archères) et des aménagements Renaissance, dont un plafond peint du XVIIIe siècle.

L’architecture de Roquefère allie un noyau médiéval (donjon, salle voûtée) à des ajouts des XVe–XVIe siècles (tour octogonale, porterie carrée). Une tour ronde, transformée en pigeonnier de 1 300 alvéoles, illustre son évolution fonctionnelle. Le site, entouré d’un mur d’enceinte, domine un paysage stratégique, rappelant son rôle dans les rivalités féodales et les guerres franco-anglaises. Les modifications des XVIIe et XVIIIe siècles, comme la salle aux plafonds peints, témoignent de son adaptation aux goûts aristocratiques.

Les sources historiques soulignent l’importance de Roquefère comme enjeu territorial. Bertrand de Got (futur pape Clément V) y séjournait en 1305, et Jean de Foix-Candale, prisonnier à Castillon (1453), y fut rétabli après 1470. Le château fut aussi une base frondeuse sous Jean II de Rochefort pendant la Fronde, avant d’être préservé par le roi. Son histoire reflète les mutations politiques et architecturales de l’Aquitaine, des Plantagenêts à la Révolution.

Liens externes