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Château de Roquefixade dans l'Ariège

Patrimoine classé
Patrimoine défensif
Châteaux cathares
Château fort
Ariège

Château de Roquefixade

    D9A
    09300 Roquefixade
Château de Roquefixade
Château de Roquefixade

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1000
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1034
Première mention écrite
1212
Prise par Simon de Montfort
1272
Saisie par Philippe III le Hardi
1463
Restitution aux comtes de Foix
1632
Destruction ordonnée par Louis XIII
17 février 1995
Classement monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Simon de Montfort - Chef de la croisade albigeoise Preneur du château en 1212.
Philippe III le Hardi - Roi de France Saisit le château en 1272.
Louis XI - Roi de France Restitue le château en 1463.
Louis XIII - Roi de France Ordonne sa destruction en 1632.
Henri II de Montmorency - Duc et rebelle Impliqué dans le soulèvement de 1632.
Vital Guilhon de Lestang - Baron de Celles Acheteur du château en 1675.

Origine et histoire

Le château de Roquefixade est un ancien château fort dit « cathare », édifié au XIe siècle sur un éperon calcaire à 400 mètres au nord-ouest du village de Roquefixade, dans le département de l’Ariège. Ses vestiges, aujourd’hui classés monuments historiques depuis 1995, témoignent d’une architecture défensive adaptée au terrain : une voûte enjambe une faille naturelle du rocher, et deux enceintes protègent l’accès au cœur du site. Le nom Roquefixade (de rocca fissada, « rocher fendu ») provient précisément de cette caractéristique géologique.

Mentionné pour la première fois en 1034, le château est initialement lié aux seigneurs de Pailhès. Au XIIIe siècle, il devient un bastion de la résistance albigeoise. En 1212, Simon de Montfort s’en empare après avoir incendié le village, dans le cadre de la croisade contre les Cathares. Le site, stratégique à la frontière avec l’Aragon, est saisi en 1272 par Philippe III le Hardi, qui y installe une garnison royale (châtelain, sergents, chiens de garde) pour surveiller la région. Restitué aux comtes de Foix en 1463 par Louis XI, il subit des remaniements jusqu’au XVIe siècle.

Le château joue un rôle dans les révoltes du Languedoc : en 1632, Louis XIII ordonne sa destruction après la défaite d’Henri II de Montmorency, impliqué dans un soulèvement. Rachété en 1675 par le baron de Celles, il reste dans sa famille jusqu’à la Révolution, où il est vendu comme bien national. Aujourd’hui, ses ruines illustrent l’histoire mouvementée des forteresses occitanes, entre conflits religieux, enjeux frontaliers et pouvoir royal.

Architecturalement, le site se compose d’un châtelet d’entrée, d’un donjon et d’une cour centrale. Une arche audacieuse enjambe la faille rocheuse, reliant les parties nord et sud du château. Ce dispositif, à la fois pratique et symbolique, souligne l’ingéniosité des bâtisseurs médiévaux face aux contraintes naturelles.

Liens externes