Origine et histoire
Le château de Roquefort, situé dans le département de Lot-et-Garonne, aurait été construit au XIIIe siècle, bien qu’aucune mention ne figure dans les actes d’hommage de 1256, 1281, ni dans le saisimentum de 1271. Son absence dans ces documents suggère une origine modeste ou une construction tardive dans ce siècle. Le site présente une triple enceinte englobant l’extrémité d’un coteau, ainsi qu’une tour carrée réduite de moitié, signe possible d’un démantèlement précoce. Une brèche dans les courtines, colmatée sommairement avec des briques, laisse supposer une prise violente peu après sa construction.
Au XVIe siècle, le château est en ruines lorsque Jeanne d’Albret, reine de Navarre et vicomtesse de Bruilhois, le cède en 1562 à Jean de Secondat, seigneur de Roques, dans le cadre d’une vente à pacte de rachat perpétuel. Ces terres, confisquées auparavant à Pierre II de Secondat (père de Jean), incluent Roquefort et six autres seigneuries. Henri de Bourbon, fils de Jeanne d’Albret, confirme cette cession en 1576 et y ajoute la faculté de rachat pour 14 000 livres. Jean de Secondat, marié à Eléonore de Brénieu, transmet le domaine à ses descendants, dont Gaston de Secondat (1625-1693), tenu sur les fonts baptismaux par Gaston d’Orléans, frère de Louis XIII.
La famille de Secondat conserve Roquefort jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. Parmi ses membres notables, Denise de Secondat (1727-1800), fille de Montesquieu, épouse en 1745 son cousin Geoffroy de Secondat de Roquefort, perpétuant ainsi l’héritage seigneurial. Le château, comprenant tour-salle, logis et enceintes, est inscrit aux monuments historiques en 2001, marquant sa reconnaissance patrimoniale malgré son état partiel de ruine.