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Château de Roquemartine à Eyguières dans les Bouches-du-Rhône

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château fort

Château de Roquemartine

    Route d'Orgon 
    13430 Eyguières
Propriété privée
Château de Roquemartine
Château de Roquemartine
Château de Roquemartine
Château de Roquemartine
Château de Roquemartine
Château de Roquemartine
Château de Roquemartine
Château de Roquemartine
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Château de Roquemartine
Château de Roquemartine
Château de Roquemartine
Château de Roquemartine
Château de Roquemartine
Crédit photo : Phillip Capper - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1900
2000
fin XIe siècle (vers 1096)
Première mention du castrum
1222
Destruction par Raimond Bérenger V
1382-1387
Soutien à l’Union d’Aix
1389
Incendie par Raimond Roger de Beaufort
1399
Libération par Boucicaut
1926
Inscription aux monuments historiques
2022
Sélection par le Loto du patrimoine
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Château de Roquemartine (vestiges du) : inscription par arrêté du 28 septembre 1926

Personnages clés

Raimond, Gérald et Pons - Seigneurs de Roquemartine (fin XIe) Vendirent des dîmes pour la croisade
Raimond Bérenger V - Comte de Provence (début XIIIe) Détruisit le castrum en 1222
Albe de Tarascon - Fidèle du comte (XIIIe) Rebâtit le château actuel
Raimond Roger de Beaufort - Vicomte de Turenne (XIVe) Incendia le château en 1389
Jean II Le Meingre (Boucicaut) - Maréchal de France (XIVe) Libéra le château en 1399
Charles de Duras - Prétendant au trône de Naples Soutenu par Roquemartine (Union d'Aix)

Origine et histoire

Le château de Roquemartine, appelé aussi castellas ou château de la Reine Jeanne, est une forteresse en ruine située sur la commune d’Eyguières (Bouches-du-Rhône). Datant principalement des XIIe et XIIIe siècles, il appartenait à la famille d’Albe (ou d’Aube) et présente des similitudes architecturales avec le château des Baux. Perché sur des falaises escarpées, il surplombe la plaine et l’église Saint-Sauveur, ancienne paroissiale du bourg de Roquemartine, rattachée à Eyguières en 1805. Le site, inscrit aux monuments historiques en 1926, a bénéficié en 2022 d’un financement via le Loto du patrimoine pour sa restauration et son ouverture au public.

Le castrum de Roca Martina est mentionné dès la fin du XIe siècle (vers 1096), lorsque ses seigneurs — Raimond, Gérald et Pons — vendent une partie de leurs dîmes à l’abbaye Saint-Victor de Marseille pour financer leur participation à la première croisade. Au XIIe siècle, le fief passe entre les mains d’Hugues Sacristain, puis, par alliance, à la famille de Lambesc au début du XIIIe. En 1222, les armées de Raimond Bérenger V détruisent le castrum lors de la reconquête du comté de Provence. La place, stratégique pour contrôler un passage entre la Durance et les Alpilles, est alors confiée à Albe de Tarascon, qui reconstruit le château au XIIIe siècle.

Lors de la crise successorale de la reine Jeanne Ire (1382-1387), Roquemartine soutient activement Charles de Duras via l’Union d’Aix, résistant même après la reddition d’Aix. Le château est pris en 1384 par les Tuchins d’Étienne Augier, puis incendié en 1389 par Raimond Roger de Beaufort, vicomte de Turenne, en conflit avec la papauté. Libéré en 1399 par le maréchal Boucicaut, il est partiellement restauré (chapelle, fenêtres à meneaux, canonnières). Abandonné au XVIIe siècle au profit d’un nouveau château en plaine, le site tombe en ruine avant d’être protégé en 1926.

L’église Saint-Sauveur, attestée dès la fin du XIe siècle mais reconstruite au XIVe, complète l’ensemble. De style roman, elle se compose d’une nef à deux travées et d’une abside semi-circulaire, avec des portes cintrées au nord et au sud. Son toit en dalles et ses murs en moellons reflètent les techniques locales. Le site, aujourd’hui géré par l’association Les Amis du Castellas, illustre l’histoire mouvementée de la Provence médiévale, entre conflits féodaux, croisades et enjeux stratégiques.

Liens externes