Frise chronologique
1209
Première mention écrite
Première mention écrite
1209 (≈ 1209)
Cession par Raymond VI à l’Église.
1229
Intégration au domaine royal
Intégration au domaine royal
1229 (≈ 1229)
Traité de Meaux-Paris, saint Louis.
20 avril 1314
Mort du pape Clément V
Mort du pape Clément V
20 avril 1314 (≈ 1314)
Décès dans le château.
1590-1591
Siège destructeur
Siège destructeur
1590-1591 (≈ 1591)
Dégâts à la façade méridionale.
1671
Démantèlement partiel
Démantèlement partiel
1671 (≈ 1671)
Ordre royal, perte de fonction défensive.
1795-1850
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1795-1850 (≈ 1823)
Utilisé comme carrière de pierre.
6 décembre 1949
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
6 décembre 1949 (≈ 1949)
Protection de la tour ronde.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les ruuines de la tour ronde : inscription par arrêté du 6 décembre 1949
Personnages clés
| Raymond VI - Comte de Toulouse |
Céda le château à l’Église en 1209. |
| Saint Louis - Roi de France |
Intégra Roquemaure au domaine royal (1229). |
| Clément V - Pape |
Mourut au château en 1314. |
| Duc d’Anjou - Lieutenant du roi en Languedoc |
Séjournait au château (1367-1380). |
| Charles VI - Roi de France |
Fit étape au château en 1389. |
Origine et histoire
Le château de Roquemaure, mentionné dès 1209, fut initialement cédé par le comte de Toulouse Raymond VI à l’Église pour apaiser les tensions liées à l’hérésie cathare. En 1229, après le traité de Meaux-Paris, il devint une possession royale sous Saint-Louis, intégrée à la sénéchaussée de Beaucaire-Nîmes. Sa position stratégique au-dessus du Rhône, entre un port et un péage, en fit un lieu clé pour le contrôle du fleuve et des échanges commerciaux entre la Provence et le Languedoc.
Au XIIIe siècle, le château abritait une garnison permanente et accueillait des hôtes de marque, dont des rois et des officiers royaux. Il possédait une chapelle inspirée de la Sainte-Chapelle, construite sur ordre de Saint-Louis. Le pape Clément V y séjournant en 1314, y mourut le 20 avril, marquant un événement majeur de son histoire. La forteresse, gérée par un châtelain sous l’autorité du sénéchal, perdura comme symbole du pouvoir royal jusqu’aux guerres de Religion.
Entre le XIVe et XVe siècles, le château devint une résidence temporaire pour des figures politiques et religieuses, comme le duc d’Anjou (1367-1380), le duc de Berry (1385), et le roi Charles VI (1389). Ces visites illustrent son rôle comme lieu d’accueil et de représentation. Cependant, son déclin s’amorça à la fin du XVIe siècle : endommagé lors d’un siège en 1590-1591, il fut partiellement démantelé en 1671 sur ordre royal, puis vendu comme bien national entre 1795 et 1850, servant finalement de carrière de pierre.
La tour ronde, dite « des Carthaginois », est l’un des rares vestiges subsistants. Inscrite aux Monuments Historiques en 1949, elle témoigne de l’architecture défensive médiévale avec sa salle voûtée d’ogives et ses meurtrières. La clef de voûte en rosace et les culs-de-lampe massifs rappellent son origine royale. Malgré sa destruction progressive, le château reste un symbole de l’histoire politique et religieuse de la région, lié à la fois à la couronne de France et à l’Église.
Au-delà de son rôle militaire, le château de Roquemaure fut un acteur économique local, associé au port fluvial et au péage du Rhône. Son déclin coïncida avec la perte d’importance stratégique de la région après l’annexion de la Provence par la France. Aujourd’hui, ses ruines et la tour ronde rappellent son passé glorieux, entre pouvoir royal, visite papale et contrôle des échanges rhodaniens.