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Château de Roquepiquet à Verteuil-d'Agenais dans le Lot-et-Garonne

Patrimoine classé Patrimoine défensif Château fort Château de style Renaissance

Château de Roquepiquet

    149 Domaine de Roquepiquet
    47260 Verteuil-d'Agenais
Propriété d'une société privée
Crédit photo : Picasa - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1470
Premier acte mentionné
avant 1584
Fortification du château
5 avril 1606
Arrêt de dénobilisation
1657
Reconnaissance de la noblesse du château
11 mai 1657
Rétablissement de la noblesse
1739
Projet de modernisation
vers 1860
Restauration néo-gothique
1908
Achèvement des transformations
16 septembre 1997
Inscription aux monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Château ; chapelle ; pont ; porche menant au jardin ; pigeonnier ; jardin à compartiments ; façades et toitures des deux ailes des communs attenantes au corps de logis et de l'orangerie (cad. AE 22 à 25, 50) : inscription par arrêté du 16 septembre 1997

Personnages clés

Arnaud de Caumont - Seigneur de Lauzun Cède Roquepiquet en 1470 à Mathurin de Gervain.
Mathurin de Gervain - Premier occupant connu Reçoit le repaire en 1470 pour le remettre en valeur.
Gabriel de Gervain - Seigneur protestant Fortifie le château avant 1584.
Jean de Gervain (1633–1681) - Probable constructeur de la chapelle Chapelle funéraire édifiée sous son égide.
Léopold Payen - Architecte du XIXe siècle Dirige la première campagne néo-gothique vers 1860.
Lucien Dubarry de Lassalle - Architecte du XXe siècle Supervise la seconde campagne de restauration en 1908.
Édouard André - Paysagiste (1902–1904) Recompose les jardins et le parc du château.
Jean de Gervain (1633-1681) - Probable constructeur de la chapelle Chapelle funéraire attribuée à son initiative.

Origine et histoire

Le château de Roquepiquet, mentionné dès 1470 dans un acte d’arrentement signé par Arnaud de Caumont, seigneur de Verteuil, était alors un repaire abandonné depuis la guerre de Cent Ans. Ce document cède la maison noble et ses terres à Mathurin de Gervain, un damoiseau poitevin, à charge pour lui de s’y établir et de cultiver les lieux. Ce type de contrat reflétait la volonté de relancer l’exploitation des domaines délaissés en Agenais après le conflit. Aucune preuve ne confirme cependant sa fortification à cette date.

Pendant les guerres de Religion (avant 1584), Gabriel de Gervain, arrière-petit-fils de Mathurin et protestant, renforce le château en y ajoutant fossés, pont-levis, créneaux, mâchicoulis et canonnières. Ces aménagements, typiques des tensions religieuses de l’époque, provoquent un conflit avec son suzerain, le seigneur de Verteuil. L’intervention du roi de Navarre, auprès duquel un fils de Gabriel s’était engagé, permet de régler le différend. La famille de Gervain, propriétaire des lieux, voit sa noblesse contestée en 1606 et 1656 par la cour des aides, avant d’être finalement confirmée en 1657 pour le château et ses préclotures.

Au XVIIIe siècle, un devis de 1739 proposé par le Chevalier de Roquepiquet, ingénieur du roi, prévoit des aménagements pour moderniser le logis (« rendre la maison commode et les dehors gracieux »). Seuls subsistent aujourd’hui un décor rocaille dans la chambre de Madame de Gervain et la façade ouest du pavillon d’entrée, datée de 1740. La chapelle funéraire, probablement construite par Jean de Gervain (1633–1681), témoigne de l’ancrage familial sur le domaine.

Les campagnes néo-gothiques du milieu du XIXe au début du XXe siècle transforment radicalement le château. Vers 1860, l’architecte Léopold Payen érige une tour circulaire sud-est, tandis que la tour d’entrée nord-ouest est surélevée. Une seconde phase, initiée dès 1866 par l’artiste-archéologue Léo Drouyn mais réalisée seulement au XXe siècle par Lucien Dubarry de Lassalle, ajoute une tour carrée sud-ouest, une terrasse, et harmonise façades et décors intérieurs (date de 1908 gravée sur une tourelle). Parallèlement, les paysagistes Denis et Eugène Bühler (1857) puis Édouard André (1902–1904) redessinent le parc, l’orangerie et les jardins.

Le château, transmis par héritage au sein de la famille de Gervain jusqu’au XXe siècle, est finalement inscrit aux Monuments Historiques en 1997. Son histoire reflète les mutations architecturales et sociales de l’Agenais, des reconstructions post-guerre de Cent Ans aux restaurations romantiques, en passant par les conflits religieux et les enjeux de noblesse sous l’Ancien Régime.

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