Origine et histoire du Château de Rosanbo
Le château de Rosanbo, situé à Lanvellec dans les Côtes-d’Armor, domine la vallée du Bô, un affluent du Yar se jetant dans la baie de Saint-Michel-en-Grève. Son nom breton, roz an Bo (« promontoire sur le Bô »), reflète son emplacement stratégique, occupé dès le Moyen Âge par une maison forte, puis un manoir gothique au XVe siècle. Ce site, contrôlant l’accès à la baie, fut transformé en château fort pour contrer les invasions nordiques, avant d’évoluer en résidence seigneuriale.
La structure actuelle résulte de multiples campagnes de construction, depuis le manoir médiéval jusqu’aux agrandissements des XVIIe et XVIIIe siècles. En 1683, le château fort est converti en gentilhommière, avec des ajouts majeurs comme une cour fermée au XIXe siècle et des toits à la Mansart. L’architecte Louis Joubert y intervient au XVIIIe siècle, créant de grandes fenêtres et des intérieurs raffinés, tandis qu’Achille Duchêne redessine le parc au début du XXe siècle, intégrant terrasses, charmilles et statues.
Le château reste dans la même famille depuis le XIVe siècle, marquée par des alliances prestigieuses. En 1688, Geneviève de Coskaër de Rosanbo épouse Louis II Le Peletier, président au parlement de Paris, obtenant de Louis XIV l’autorisation de relever le nom de Rosanbo. La Révolution française frappe durement la famille : en 1794, plusieurs membres, dont Aline de Rosanbo et son époux Jean-Baptiste de Chateaubriand (frère aîné de François-René), sont guillotinés. Seul leur fils Louis survit.
Au XXe siècle, Alain, marquis de Rosanbo, ouvre le château au public en 1958 et crée en 2007 une fondation reconnue d’utilité publique en 2011. Le domaine, inscrit aux monuments historiques depuis 1930 (château) et 1995 (parc), comprend des jardins à la française, un colombier du XVIIe siècle, et des dépendances comme des écuries et une métairie. Un incendie ravage une aile en 1967, mais le site conserve des éléments remarquables, dont une charmille de 2,5 km et un labyrinthe créé en 2009.
Les archives de Rosanbo, déposées aux Archives nationales, témoignent de son histoire riche, avec des fonds liés à Vauban, Malesherbes, et Le Peletier. Le château évoque aussi des figures illustres comme Colbert, Tocqueville, ou Pithou, à travers ses appartements et sa bibliothèque. Aujourd’hui, Francesca, marquise de Rosanbo, perpétue l’héritage familial en maintenant l’ouverture au public et la préservation de ce patrimoine breton majeur.