Origine et histoire du Château de Rosny-sur-Seine
Le château de Rosny-sur-Seine, aussi appelé château de Sully, fut édifié à la fin du XVIe siècle par Maximilien de Béthune, duc de Sully et ministre d'Henri IV. Construit en brique et pierre, il adopte un plan en U avec des pavillons d'angle et une cour d'honneur fermée par un mur bas. Les façades, ornées de chaînages et de lucarnes sculptées, reflètent le style Louis XIII. Sully y aménagea des jardins en terrasses et des parterres, ainsi qu'une longue allée bordée d'ormes, admirée par Henri IV lors de sa visite en 1603.
En 1718, le château est vendu à la famille Olivier de Sénozan, qui agrandit le domaine et redessine les jardins. Le pavillon des Bains, transformé en chapelle, est ajouté dans le parc. Au début du XIXe siècle, la duchesse de Berry acquiert Rosny et entreprend d'importants travaux : elle fait reconstruire les ailes laissées inachevées, ajoute un avant-corps central, et décore les intérieurs dans un style Empire sobre mais élégant. Le parc est repensé « à l'anglaise » avec une rivière artificielle, des serres et des animaux exotiques.
Le château connaît des périodes de déclin et de restauration successives. En 1840, le comte Le Marois sauve l'édifice de la destruction en démolissant les ailes instables construites par la duchesse de Berry. La famille Lebaudy, propriétaire de 1869 à 1955, restaure le château et reconstitue partiellement son mobilier historique. Au XXe siècle, après des années d'abandon et un incendie en 1997, Bernard Anthonioz entreprend une restauration majeure entre 1998 et 2016, redonnant au monument son éclat passé.
Classé Monument historique en 1941, le château de Rosny-sur-Seine incarne plusieurs siècles d'histoire française, des guerres de Religion à la Restauration. Ses propriétaires successifs, du duc de Sully à la duchesse de Berry, ont marqué son architecture et ses jardins. Aujourd'hui, il reste un témoignage exceptionnel des évolutions stylistiques et des modes de vie aristocratiques, malgré les vicissitudes de son histoire récente.
Le domaine inclut également des dépendances comme le pavillon des Bains, une orangerie, et l'hospice Saint-Charles, construit par la duchesse de Berry pour abriter le cœur de son époux assassiné. Les jardins, partiellement restaurés, conservent des traces des aménagements des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles. Le château a aussi servi de décor à plusieurs films, renforçant son ancrage dans la culture populaire.