Origine et histoire du Château de Roussillon
Le château de Roussillon est une forteresse médiévale édifiée entre le XIIe et le XVe siècle sur la commune de Saint-Pierre-Lafeuille, dans le Lot (Occitanie). Bâti à 300 mètres d’altitude sur une butte stratégique, il surplombe la combe de la Curade et contrôlait historiquement les accès nord de Cahors ainsi que les vallées affluentes du Lot. Ses vestiges, incluant trois tours et un corps de logis encadrant deux cours, témoignent d’une architecture défensive adaptée aux conflits de l’époque, comme la guerre de Cent Ans.
À l’origine, le château comportait huit tours, trois corps de logis, une chapelle et un cloître, érigés probablement sur les fondations d’une place forte du VIIIe siècle liée au duc d’Aquitaine. Au XIIIe siècle, il appartenait à la famille Roussillon, puis passa aux mains des Anglais en 1355 lorsque Raymond d’Antéjac, son seigneur, reconnut les droits du roi d’Angleterre sur la couronne de France. Ce changement de main s’inscrit dans le contexte de la Seconde guerre de Cent Ans, marquée par des alliances fluctuantes en Quercy.
Au XVIe siècle, le château devint un bastion protestant avant d’accueillir le roi Louis XIII en 1632, alors propriété de Jean III de Gontaud-d’Oriolle. Délaissé à partir du XVIIIe siècle, il échappa aux destructions révolutionnaires grâce à son état de ruine, mais servit de carrière de pierres aux villages voisins au XIXe siècle. Sauvé par une restauration initiée en 1958 par la famille Mailhol, il a retrouvé partiellement son aspect d’origine, mêlant éléments militaires (tour pentagonale du XIIIe siècle, canonnières du XVe) et traces de vie seigneuriale (galeries voûtées, chapelle).
Le site, inscrit aux Monuments historiques depuis 1929, illustre les transformations architecturales et politiques du Quercy médiéval. Son enceinte, bien que démantelée, conserve des tours bastionnées et des vestiges des corps de logis. Les fouilles et restaurations ont permis de restituer des dispositions de la fin du XVe siècle, comme la basse-cour trapézoïdale flanquée de tours rondes, ou la tour d’escalier desservant les étages. Les sources mentionnent également des familles nobles liées à son histoire, telles les Antéjac, les de Jean, ou les Gontaud-Cabrerets, qui en firent un enjeu stratégique jusqu’à son déclin.
Aujourd’hui, le château de Roussillon allie ruines évocatrices et parties habitables, offrant un témoignage tangible des luttes féodales, des adaptations défensives (pont-levis remplacé par un pont maçonné, herse) et de la vie seigneuriale en Occitanie. Son positionnement géographique, à moins de 800 mètres de la route de Cahors à Brive, soulignait son rôle de surveillance des axes commerciaux et militaires de la région.