Origine et histoire du Château de Roussillon
Le château de Roussillon est un château de plaisance de style Renaissance, reconstruit en 1552 sur la commune de Roussillon, dans le département de l’Isère. Il se distingue comme le seul édifice Renaissance du département, alliant influences italiennes et architecture florentine. Depuis 1872, il abrite la mairie et, plus récemment, l’office de tourisme, tout en restant ouvert à la visite, notamment pour ses appartements cardinaux et son escalier à mur ajouré.
Le château fut commandé en 1547 par le cardinal François de Tournon, ministre de François Ier et amateur d’art italien, qui acquit une maison forte et des maisons voisines pour y ériger une résidence novatrice. Les travaux, probablement dirigés par l’architecte Jean Vallet d’après les plans de Sebastiano Serlio, s’échelonnent entre 1548 et 1558, comme en témoignent les dates gravées sur le bâtiment. Le cardinal, archevêque de Lyon en 1551, y séjourna longuement en 1552-1553 pour sa convalescence.
En 1559, le neveu du cardinal, Just de Tournon, y reçut le cortège de Marguerite de France en route vers le duché de Savoie. Le château devint aussi le lieu de signature de l’Édit de Roussillon en 1564, par Catherine de Médicis, fixant le 1er janvier comme début de l’année civile. Ce texte fut rédigé lors de son séjour au château, où elle présenta le royaume à son fils Charles IX.
L’édifice, vendu comme bien national en 1794, fut racheté par la commune en 1868 après avoir appartenu à plusieurs familles nobles, dont les Montmorency et les Clermont-Chaste. Classé monument historique en 1997, il conserve des éléments uniques comme ses façades florentines, son plafond « à la fougère », et une galerie ouest de 51 mètres inspirée des palais toscans. Une légende y place même un séjour de Shakespeare, source d’inspiration pour Tout est bien qui finit bien.
Architecturalement, le château forme un U avec trois parties : la maison forte centrale, le « château neuf » (villa italienne de 20x28 m) et l’aile ouest, reliée par un pont couvert rappelant Florence. Des vestiges médiévaux subsistent, comme la tour de la Gendarmerie et une courtine en tiers-point. Les jardins en terrasse, autrefois ceints de vergers et vignes, ont aujourd’hui disparu.
Protégé depuis 1997, le château voit ses façades, toitures, l’aile ouest, les intérieurs du deuxième étage et son escalier classé, tandis que le rez-de-chaussée et le premier étage (hors parties classées) sont inscrits. Propriété communale, il illustre l’influence italienne dans la vallée du Rhône et le mécénat des prélats humanistes sous la Renaissance.