Origine et histoire
Le château de Saignes est un édifice médiéval situé dans le département du Lot, en Occitanie, au sommet d’une colline à 401 mètres d’altitude. Il domine la vallée du ruisseau de Saignes, un affluent du ruisseau de Bio, et se trouve à l’intersection du hameau de Labadrie, sur la route reliant Bio et Aynac. Son emplacement stratégique offre une vue imprenable sur les alentours, reflétant son rôle défensif historique.
La famille de La Garde, originaire de la vicomté de Turenne en Limousin, acquiert le castrum de Siognâ en 1379. Bertrand de Lagarde, issu de cette lignée, s’installe à Saignes et fonde la branche des La Garde de Saignes. Cette famille, dont les membres occupent des postes influents comme celui de cardinal (Géraud de La Garde) ou d’archevêque (Étienne et Guillaume de La Garde), marque profondément l’histoire du château. En 1504, Barthélemy de Lagarde déclare y posséder « une maison et une vieille tour ».
Le château actuel est reconstruit au XVIe siècle par Pierre IV de Lagarde, conseiller au parlement de Toulouse et diplomate sous François Ier. Ses missions, comme l’ambassade en Pologne ou la négociation de la rançon du roi après la bataille de Pavie, illustrent son prestige. Son fils, Louis de La Garde, puis son petit-fils, René, perpétuent l’héritage militaire et politique de la famille, notamment en combattant les huguenots en Guyenne. Le château, assiégé et endommagé, est finalement abandonné au XIXe siècle.
Classé monument historique en 2002, le château de Saignes est en cours de restauration depuis 2013. Les travaux ont permis de reconstituer la charpente du logis, les mâchicoulis du donjon, et le toit de la chapelle. Bien que le dernier descendant de la famille, Henri de La Garde, soit mort en 1923, le site est aujourd’hui ouvert au public, offrant des visites et un sentier pédagogique dédié à la faune locale.
Architecturalement, le château se compose d’un logis seigneurial flanqué d’un donjon et d’une tour carrée, complétés par des dépendances et une chapelle. Son histoire, liée à une famille noble influente, en fait un témoignage majeur du patrimoine quercynois, entre pouvoir seigneurial, conflits religieux et renaissance contemporaine.