Origine et histoire du Château de Saint-Aignan
Le château de Saint-Aignan trouve ses origines au Xe siècle, lorsque Eudes Ier, comte de Blois, érigea une forteresse sur les hauteurs de la ville. Aujourd’hui, il n’en subsiste que la tour d’Agar (ou donjon) et des vestiges de muraille, témoins silencieux de cette époque médiévale. L’édifice actuel, en forme d’équerre, fut entièrement reconstruit au XVIe siècle par la famille Beauvilliers, intégrant des éléments Renaissance comme des lucarnes à fronton et des fenêtres à meneaux cruciformes.
La façade nord, rythmée par deux pavillons en briques et pierres, contraste avec la cour d’honneur au sud, où deux bâtiments se coupent à angle droit. Leurs façades, ornées de pilastres, bandeaux et niches abritant des sculptures, reflètent l’influence artistique de la Renaissance. Une tour polygonale, richement décorée de colonnes jumelles et de pilastres, relie les corps de logis, tandis que le pavillon ouest se distingue par une frise de médaillons à l’italienne surmontée d’une balustrade ajourée. Les ruines du château primitif, situées en face, rappellent l’ancienne forteresse.
Au XIXe siècle, le château fit l’objet d’importantes restaurations, préservant ainsi son héritage architectural mixte, entre Moyen Âge et Renaissance. Classé Monument Historique en 1946, il inclut dans sa protection le parc et les vestiges du château originel. Son histoire mêle donc stratifications défensives médiévales et fastes résidentiels de l’époque moderne, incarnés par les Beauvilliers.
Les éléments décoratifs intérieurs et extérieurs, comme les lucarnes à coquilles ou les frontons à pinacles, illustrent le savoir-faire artisanal du XVIe siècle. La tour d’Agar, dernier vestige du XIe siècle, offre un contraste saisissant avec les ajouts Renaissance, symbolisant la transition entre deux époques charnières. Le site, ouvert à la visite, permet d’appréhender cette évolution architecturale sur près de sept siècles.
La localisation de Saint-Aignan, en Centre-Val de Loire, place le château dans une région marquée par la présence de nombreux édifices Renaissance, liés à l’influence des cours royales et aristocratiques. Proche de Blois, il bénéficia d’un rayonnement culturel et politique, notamment sous les Beauvilliers, famille proche du pouvoir. Les restaurations du XIXe siècle, bien que controversées pour certaines, ont permis sa conservation jusqu’à aujourd’hui.