Frise chronologique
XIIe siècle
Première mention du château
Première mention du château
XIIe siècle (≈ 1250)
Hommage de Guérin d'Apchier à l'évêque de Mende.
1608
Mariage des Molette de Morangiès
Mariage des Molette de Morangiès
1608 (≈ 1608)
François de Molette épouse Marie Louet de Calvisson.
1764-1767
Chasse à la Bête du Gévaudan
Chasse à la Bête du Gévaudan
1764-1767 (≈ 1766)
Le château sert de base aux battues.
1824
Reconversion en asile psychiatrique
Reconversion en asile psychiatrique
1824 (≈ 1824)
Achat par le département de Lozère.
11 juillet 1942
Classement monument historique
Classement monument historique
11 juillet 1942 (≈ 1942)
Protection du château par l'État.
1972
Incendie des combles
Incendie des combles
1972 (≈ 1972)
Restauration ultérieure du monument.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château : classement par arrêté du 11 juillet 1942 ; Les parties suivantes de l'hôpital psychiatrique, à savoir : Les façades et toitures de l'ancien bâtiment de l'administration, la chapelle Saint-Pierre en totalité, les façades et toitures de l'ancien bâtiment de la communauté qui jouxte la chapelle, le cimetière des fous en totalité y compris l'allée d'accès et les murs de clôture, tels que délimités en rouge sur le plan annexé à l'arrêté, situés rue de l'hôpital sur la section AC parcelle 348 et AC 01, 02 de la commune : inscription par arrêté du 26 janvier 2023 ; La chapelle Saint-Pierre de l'hôpital psychiatrique François-Tosquelles, en totalité, y compris sa galerie d'accès, figurant au cadastre, section AC parcelle 348, telle que délimitée en rouge sur le plan annexé à l'arrêté : classement par arrêté du 30 mai 2024
Personnages clés
| Guérin d'Apchier - Baron d'Apchier |
Première mention du château en 1188. |
| François de Molette - Seigneur de Morangiès |
Transforma le château au XVIIe siècle. |
| Jean-François-Charles de Molette - Comte de Morangiès |
Impliqué dans la chasse à la Bête. |
| Frère Hilarion (Joseph-Xavier Tissot) - Religieux et médecin |
Fonda l’asile psychiatrique en 1824. |
| François Tosquelles - Psychiatre catalan |
Réforma les pratiques médicales au XXe. |
| Paul Éluard - Poète résistant |
Interné au château pendant la guerre. |
Origine et histoire
Le château de Saint-Alban, situé à Saint-Alban-sur-Limagnole en Lozère, trouve ses origines au XIIe siècle avec les barons d'Apchier. Il fut un point stratégique sur la via Podiensis, chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Au fil des siècles, il passa entre les mains des familles Louet de Calvisson et Molette de Morangiès, qui lui donnèrent son style Renaissance au XVIIe siècle. Le château fut un lieu de rassemblement lors de la traque de la Bête du Gévaudan en 1764-1767, sous la direction du comte Jean-François-Charles de Molette.
En 1824, le château fut reconverti en asile psychiatrique sous l’impulsion du frère Hilarion (Joseph-Xavier Tissot), puis acquis par le département de la Lozère. Au XIXe siècle, des bâtiments annexes furent construits pour accueillir les patients. Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’hôpital abritait des résistants et des intellectuels comme Paul Éluard et Georges Canguilhem. En 1941, le psychiatre François Tosquelles y introduisit des méthodes innovantes en psychiatrie. Un incendie en 1972 endommagea partiellement le château, qui fut restauré par la suite.
L’architecture du château reflète ses transformations successives : un donjon médiéval partiellement détruit, des tours rondes ajoutées au XVe siècle, et une façade Renaissance ornée de galeries superposées au XVIIe siècle. Le portail d’entrée, inspiré des traités de Serlio, et les fenêtres à meneaux en arkose rose témoignent de son prestige passé. À l’intérieur, des décors peints des XVIIe et XVIIIe siècles subsistent, ainsi qu’une cheminée monumentale. Classé monument historique en 1942, le château abrite aujourd’hui un hôpital psychiatrique et des collections patrimoniales du département.
La chapelle Saint-Pierre, classée en 2024, et le cimetière des fous, inscrit en 2023, rappellent son histoire médicale. Le château fut aussi lié à des figures controversées, comme le comte de Morangiès, accusé sans preuve d’être impliqué dans les attaques de la Bête du Gévaudan. Malgré ces légendes, son rôle dans l’histoire locale, entre noblesse, médecine et patrimoine, reste majeur.