Origine et histoire
Le château de Saint-Alban, mentionné dès le XIIe siècle, appartenait initialement aux barons d'Apchier, l'une des huit familles baronniales du Gévaudan. Il fut un point stratégique sur la via Podiensis, chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, et subissait régulièrement des sièges, comme celui des routiers en 1360 ou leur prise en 1414, qui entraîna la destruction partielle du donjon. Son architecture médiévale, marquée par des tours rondes et des douves comblées, fut partiellement remodelée après ces conflits.
Au XIVe siècle, le château passa par alliance aux Louet de Calvisson, qui y ajoutèrent des éléments défensifs et une seigneurie. Les armoiries de cette famille, palé d'azur et de gueules semé de roses d'or, furent adoptées par la ville de Saint-Alban. Au XVIIe siècle, les Molette de Morangiès, nouveaux propriétaires, lui donnèrent un style Renaissance : galerie à trois étages, fenêtres à meneaux en arkose rose, et portail inspiré des traités de Serlio. François de Molette, chambellan de Gaston d'Orléans, y organisa des réceptions pour la noblesse locale.
Le château joua un rôle durant l'affaire de la Bête du Gévaudan (1764–1767), servant de base aux battues contre l'animal. Jean-François-Charles de Molette, comte de Morangiès, y coordonna les chasses avec Étienne Lafont, bien que des théories ultérieures (non étayées) l'accusent d'implication dans les meurtres. Ruiné, son héritier vendit le domaine en 1821 à Sylvain Boissier, qui le convertit en asile psychiatrique sous la direction du frère Hilarion (Joseph-Xavier Tissot), disciple d'Esquirol.
Devenu hôpital psychiatrique départemental en 1838, le château accueillit des figures comme le philosophe Georges Canguilhem ou le poète Paul Éluard pendant la Seconde Guerre mondiale. François Tosquelles, psychiatre catalan, y développa des méthodes innovantes à partir de 1941. Un incendie en 1972 endommagea la toiture, restaurée par la suite. Aujourd'hui, le site abrite toujours un centre hospitalier, ainsi qu'un office de tourisme et des collections patrimoniales lozériennes.
Classé monument historique en 1942, le château conserve des éléments médiévaux (tours nord, douves comblées) et Renaissance (galerie, portail en arkose). La chapelle Saint-Pierre, les façades de l'ancien bâtiment administratif et le cimetière des fous furent inscrits ou classés entre 2023 et 2024. Son architecture reflète les transformations successives, des guerres de Cent Ans aux aménagements hospitaliers du XIXe siècle.