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Château de Saint-Aubin sur Loire à Saint-Aubin-sur-Loire en Saône-et-Loire

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château de style Classique

Château de Saint-Aubin sur Loire

    Au Château 
    71140 Saint-Aubin-sur-Loire
Propriété privée
Château de Saint-Aubin sur Loire
Château de Saint-Aubin sur Loire
Château de Saint-Aubin sur Loire
Château de Saint-Aubin sur Loire

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1429
Acquisition par Antoine de Toulongeon
1579
Vente à Claude d’Ambly
1695
Érection de la chapelle castrale
1751
Achat par Pierre-César du Crest
1771-1777
Construction du château actuel
4 février 1943
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Château et son parc : classement par arrêté du 4 février 1943

Personnages clés

Antoine de Toulongeon - Seigneur et chambellan Premier propriétaire noble connu en 1429.
Edme Verniquet - Architecte Conçoit le château actuel (1771-1777).
Charles-Jean-Baptiste des Gallois de la Tour - Commanditaire du château Premier président au Parlement de Provence.
Gilbert-Charles Le Gendre - Marquis ruiné Victime de la banqueroute de Law.
Madame de Genlis - Écrivaine et éducatrice Fille de Pierre-César du Crest, y passa son enfance.
Marquis d’Aligre - Dernier propriétaire noble Lègue le domaine à Bourbon-Lancy (XIXe).

Origine et histoire

Le château de Saint-Aubin-sur-Loire se dresse sur une colline surplombant la Loire et le bourg de Saint-Aubin-sur-Loire, en Saône-et-Loire. Le site abritait initialement un château-fort médiéval, abandonné en 1756 et partiellement démoli en 1860, dont subsistent quelques vestiges au centre du village. Ce premier édifice, quadrilatère flanqué de tours, était protégé par la Loire, un étang et des fossés. Il fut la résidence des seigneurs de Saint-Aubin, dont la famille de Toulongeon à partir de 1429, avant de passer entre les mains de plusieurs lignées nobles comme les Vienne, les d’Ambly de Ramilly ou les Le Gendre.

Le château actuel, de style néoclassique, fut construit entre 1771 et 1777 par l’architecte Edme Verniquet pour Charles-Jean-Baptiste des Gallois de la Tour, premier président au Parlement de Provence et descendant des anciens seigneurs. L’édifice se compose d’un corps central rectangulaire encadré de deux ailes en équerre, orné de pilastres ioniques et de frontons. La cour d’honneur, ouverte vers le sud, est bordée de communs en L, percés de passages voûtés menant à des terrasses dominant le village. Au nord, des jardins en terrasses descendent vers la Loire. Le domaine, classé monument historique en 1943, fut légué au XIXe siècle à la ville de Bourbon-Lancy pour y établir un hospice, avant de devenir une propriété privée.

L’histoire du château est marquée par des changements de propriétaires influents. Au XVIIIe siècle, la seigneurie appartint successivement à Pierre-César du Crest (père de Madame de Genlis), puis à Charles-Guillaume Le Normant d’Étiolles, mari de la marquise de Pompadour, bien que ce dernier n’y résida jamais. La Révolution entraîna le retour temporaire du domaine à la Couronne, avant son échange en 1771 contre le bois de Senonches. Au XIXe siècle, le marquis d’Aligre, héritier sans descendant, en fit don à Bourbon-Lancy pour créer un hospice, aujourd’hui connu sous le nom d’hôpital d’Aligre. Le château, resté dans la famille de Saint-Genys jusqu’en 1999, fut récemment restauré avant d’être revendu en 2019.

Les vestiges du vieux château médiéval, situés au centre du bourg, rappellent l’ancienne forteresse des Toulongeon, construite au bord de la Loire. Ce premier édifice, stratégiquement placé, contrôlait un territoire s’étendant sur les deux rives du fleuve, incluant des terres actuelles de l’Allier. La chapelle castrale, érigée en église paroissiale en 1695 sous les Le Gendre, témoigne de l’importance religieuse du site. La spéculation financière du XVIIIe siècle, notamment la banqueroute de Law, ruina plusieurs propriétaires, comme Gilbert-Charles Le Gendre, dont les dettes conduisirent à la vente du marquisat en 1751.

Le château du XVIIIe siècle, exemple remarquable d’architecture géométrique et symétrique, illustre le goût de l’époque pour les résidences aristocratiques ouvertes sur des paysages aménagés. Les communs, en blocage de pierre et brique, ainsi que les terrasses à balustrades, reflètent une volonté d’harmonie entre bâtisse et nature. Classé depuis 1943, le domaine est aujourd’hui une propriété privée ouverte au public, après des campagnes de restauration visant à préserver son authenticité. Son parc, structuré par un hémicycle et une allée creusée dans la colline, prolonge la perspective monumentale vers la forêt environnante.

Liens externes