Origine et histoire du Château de Saint-Baslemont
Le château de Saint-Baslemont, situé dans le département des Vosges en région Grand Est, s’élève sur une colline dominant le vallon de Chèvre-Roche. Construit au XIVe siècle par les comtes de Montreux, il passe en 1487 à la famille de Reinach via le mariage de Marie de Montreux et Louis de Reinach. Au XVIe siècle, Claude de Reinach, chambellan du duc Charles III de Lorraine, entreprend d’importantes modifications pour moderniser la forteresse médiévale, lui donnant son aspect Renaissance actuel.
Au XVIIe siècle, le château est hérité par Jean-Jacques de Haraucourt, colonel lorrain, et son épouse Alberte-Barbe d’Ernécourt, surnommée l’Amazone Chrétienne pour son rôle durant la guerre de Trente Ans. En 1635, le château subit un siège suédois. Il passe ensuite aux Armoises par mariage en 1646, puis est vendu en 1768 à Jean-Baptiste Alexandre, procureur général, marquant la fin de son ère seigneuriale. Au XIXe siècle, il change plusieurs fois de mains, dont celle de Fernand Samuel, directeur du Théâtre des Variétés, qui y reçoit l’actrice Ève Lavallière.
Transformé en hôtellerie en 1922, le château est partiellement classé Monument Historique en 1937. Après la Seconde Guerre mondiale, il tombe en ruine jusqu’à ce que M. Labourot entreprenne des restaurations dans les années 1970. Un incendie détruit cependant les communs en 1975. Aujourd’hui, le corps de logis est restauré, mais les dépendances restent en ruines. Depuis 2017, il appartient à Patrick Groult.
Architecturalement, le château en forme de L combine un logis principal du XVIIe siècle, flanqué de deux tours médiévales du XIVe siècle, et des dépendances Renaissance. La façade sud, percée de fenêtres à encadrement de grès rouge, surplombe des jardins en terrasses, tandis que la cour d’honneur, fermée par un portail du XVIIIe siècle, donne accès à l’ensemble. À proximité, l’église Saint-Jean-Baptiste, ancienne chapelle castrale gothique (1560), abrite un retable classé du XVIe siècle.
La propriété a connu six familles seigneuriales du XIIe au XVIIIe siècle : Saint-Baslemont, Graux, Montreux, Reinach, Haraucourt et Armoises. Chaque lignée a marqué l’histoire du site par des alliances matrimoniales ou des transformations architecturales, reflétant les évolutions politiques et sociales de la Lorraine et du Barrois.
Classé pour ses éléments défensifs et son logis, le château illustre la transition entre forteresse médiévale et résidence aristocratique. Son histoire mêle conflits (guerre de Trente Ans), figures locales (l’Amazone Chrétienne) et métamorphoses fonctionnelles, passant de place forte à lieu de villégiature, puis à projet touristique inabouti.