Origine et histoire du Château de Saint-Beauzély
Le château de Saint-Beauzély, mentionné dès le XIIe siècle, fut initialement construit comme forteresse médiévale. Il subit un réaménagement majeur à la fin du XVIe siècle, marquant sa transition vers une résidence plus adaptée aux besoins de l’époque. Les guerres de religion y laissèrent leur empreinte : en 1568, 1570 et 1574, le château changea de mains entre catholiques et protestants, reflétant les tensions religieuses de la région.
Le château fut au cœur de la cité médiévale de Saint-Beauzély, entourée de remparts quadrangulaires et de fossés. Les clés des portes du village étaient remises chaque soir au château, illustrant son rôle central dans la défense et l’organisation locale. Au XVIIe siècle, des travaux significatifs, notamment sur la toiture, modernisèrent l’édifice, tout en conservant des éléments défensifs comme les mâchicoulis et les échauguettes.
La chronologie des propriétaires révèle son importance stratégique et sociale : des familles nobles comme les Arpajon, les Castelpers ou les Grégoire des Gardies s’y succédèrent. En 1759, le domaine fut érigé en marquisat avant d’être vendu comme bien national en 1789. Au XIXe siècle, il passa entre les mains d’œuvres charitables, puis de la municipalité en 1960. Aujourd’hui, il abrite un musée des métiers de la pierre et de la vie rurale, ouvert au public.
L’architecture actuelle allie des éléments médiévaux, comme la tour carrée et les remparts partiels, à des ajouts Renaissance et classiques, tels les frontons triangulaires et les fenêtres à meneaux. Le grand escalier central dessert des salles voûtées et trois étages, témoignant des adaptations successives du bâtiment. Son inscription aux monuments historiques en 1998 protège notamment son décor intérieur.
Le château conserve également des traces de la vie quotidienne médiévale, comme le corps de garde au-dessus du porche, ou la porte de la Madeleine, ancienne entrée fortifiée de la ville. Ces vestiges, associés aux archives locales, offrent un éclairage précieux sur l’histoire du Lévézou et du Rouergue, entre conflits religieux, pouvoir seigneurial et évolution architecturale.
Enfin, son intégration dans le paysage des monts du Lévézou et son rôle dans la préservation du patrimoine rural en font un site emblématique de l’Aveyron. Les visites, possibles d’avril à octobre, permettent de découvrir à la fois son histoire mouvementée et les traditions artisanales de la région.