Origine et histoire
Le château de Saint-Beauzély, mentionné dès le XIIe siècle, est un édifice fortifié situé sur le versant sud des monts du Lévézou, au sein d’un ancien village médiéval. Son architecture actuelle résulte d’un réaménagement majeur à la fin du XVIe siècle, bien que ses origines remontent à une période antérieure. Le décor intérieur, remarquable, a été inscrit aux monuments historiques en 1998, témoignant de son importance patrimoniale.
Au cours des guerres de Religion, le château fut un enjeu stratégique : pris par les catholiques en 1568, repris en 1570, puis de nouveau capturé par les papistes en 1574 sous la conduite du capitaine Brunel. Ces conflits illustrent son rôle défensif dans une région marquée par les tensions religieuses. Les remparts et fossés entourant le village, partiellement conservés, rappellent aussi son intégration dans un système de fortification médiéval.
La chronologie des propriétaires reflète son histoire mouvementée : de la famille du Lévézou au XIIe siècle à Bérenger d’Arpajon en 1360, puis aux Castelpers, Tauriac, et Grégoire des Gardies jusqu’au XVIIIe siècle. En 1759, les terres furent érigées en marquisat pour Hippolyte Julien de Pégayrolles. Après la Révolution, le château changea plusieurs fois de mains, passant des sœurs de la Sainte Famille à la municipalité en 1960, avant d’abriter aujourd’hui un musée des métiers de la pierre.
Architecturalement, le château se compose de deux ailes aux murs crénelés de mâchicoulis, couvertes d’ardoises de schiste, avec une tour carrée centrale. L’accès se fait par des portes surmontées de frontons triangulaires, tandis qu’un grand escalier dessert les étages. La porte de la Madeleine, intégrée aux remparts, servait d’entrée principale à la cité. Les salles voûtées et les fenêtres à meneaux rappellent son double usage, à la fois résidentiel et défensif.
Le village médiéval de Saint-Beauzély, ceint de remparts quadrangulaires et de fossés, s’organisait autour du château. Les portes étaient fermées chaque nuit, et les clés remises au sergent Banier, illustrant une organisation communautaire stricte. Aujourd’hui, les vestiges des remparts, comme le soubassement du clocher ou les ouvertures ouest, témoignent de cette structure défensive disparue.
Ouvert au public d’avril à octobre, le château abrite un musée dédié aux métiers de la pierre et à la vie rurale, perpétuant ainsi son lien avec l’histoire locale. Son inscription partielle aux monuments historiques et son intégration dans des réseaux touristiques comme la Route des seigneurs du Rouergue soulignent son attractivité patrimoniale.