Frise chronologique
XIe siècle
Don à l'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire
Don à l'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire
XIe siècle (≈ 1150)
Village donné par l'évêque de Troyes.
1542
Mariage d'Antoine Guerry des Essarts
Mariage d'Antoine Guerry des Essarts
1542 (≈ 1542)
Remaniement probable du château.
1555
Saisie du domaine
Saisie du domaine
1555 (≈ 1555)
Pour défaut de foi et d’hommage.
1594
Incendie par les ligueurs
Incendie par les ligueurs
1594 (≈ 1594)
Maison seigneuriale réduite en ruines.
1638
Rachat par Louise de Cormont
Rachat par Louise de Cormont
1638 (≈ 1638)
Restauration et aspect actuel donné.
1651
Achat par Henri de Longueau
Achat par Henri de Longueau
1651 (≈ 1651)
Début d’une longue possession familiale.
1984
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
1984 (≈ 1984)
Protection des façades et dépendances.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures du château et des communs, la porterie, le pigeonnier, les douves et les vannes. (cad. D 138, 139, 141) : inscription par arrêté du 13 septembre 1984
Personnages clés
| Antoine Guerry des Essarts - Seigneur et remanieur présumé |
Époux de Jeanne d’Averly en 1542. |
| Louise de Cormont - Propriétaire restauratrice |
Donne son aspect Henri IV-Louis XIII. |
| Henri de Longueau - Acquéreur en 1651 |
Fonde une lignée de propriétaires. |
| Jean Bertrand - Restaurateur moderne |
Redonne sa splendeur au XXe siècle. |
| Philippe Bertrand - Propriétaire actuel |
Poursuit la réhabilitation du domaine. |
Origine et histoire
Le château de Saint-Benoist-sur-Vanne, situé dans le département de l'Aube en Grand Est, est une propriété de 100 hectares dont la bâtisse principale a été remaniée à plusieurs époques. Entouré de douves et doté d’un pont-levis, il allie des éléments défensifs à une architecture raffinée, comme le colombier octogonal coiffé de clochetons. Le domaine, aujourd’hui entièrement rénové, conserve des traces de ses transformations successives, notamment sous les périodes Henri IV et Louis XIII, avec ses pavillons d’angle, ses hauts combles et ses lucarnes classiques en pierre.
Les origines du château remontent au moins au XIVe siècle, lorsque la famille d’Averly en était propriétaire. Au XVIe siècle, Antoine Guerry des Essarts, ayant épousé Jeanne d’Averly en 1542, aurait remanié l’édifice. En 1555, le domaine fut saisi pour défaut de foi et d’hommage, avant de revenir à Louise des Essarts, épouse de Laurent de Saint Marcel. En 1594, les ligueurs de Troyes incendièrent la maison seigneuriale, la réduisant en ruines. Sa restauration intervint après 1638, lorsque Louise de Cormont racheta le domaine et lui donna son aspect actuel, caractéristique des demeures de l’époque Henri IV-Louis XIII.
Au XVIIe siècle, le château changea plusieurs fois de mains : racheté en 1651 par Henri de Longueau, il resta dans sa descendance jusqu’à Nicolas-René Peschard d’Ambly, baron de Levoncourt. Au XXe siècle, Lucie d’Ambly, dernière héritière, épousa Charles Buxtorf, industriel troyen. Après la Seconde Guerre mondiale, Jean Bertrand, passionné par l’histoire du lieu, entreprit une restauration majeure avec l’aide des Monuments Historiques. Depuis, son fils Philippe Bertrand perpétue ce travail de préservation. Le château, inscrit aux Monuments Historiques en 1984, protège ses façades, toitures, porterie, colombier, douves et vannes.
Le site, situé près de l’ancienne voie romaine reliant Sens à Troyes, tire son nom de l’abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire, qui reçut le village en don au XIe siècle. Les premières mentions d’un seigneur local remontent au XIIIe siècle avec Hughes de Montreuil. Le château, témoin de six siècles d’histoire, incarne aujourd’hui un patrimoine architectural et historique préservé, alliant puissance défensive et élégance classique.
Actuellement propriété de la famille Bertrand, le château a bénéficié d’une restauration globale visant à retrouver sa splendeur d’antan. Le domaine, ouvert à des activités comme les visites ou la location de salles, reste un exemple remarquable de l’évolution des demeures seigneuriales en Champagne-Ardenne, entre Moyen Âge et époque moderne.