Origine et histoire du Château de Saint-Chartier
Le château de Saint-Chartier, intitulé ici « Château et ses dépendances », se situe dans la commune de Saint-Chartier (Indre), au sein de l'espace naturel du Boischaut Sud en Centre-Val de Loire. Il est à l'origine une forteresse attestée dès le début du XIIe siècle et citée en 1102 lors d'une visite de l'archevêque de Bourges. L'édifice primitif présente une masse cantonnée de quatre tours d'angle autour d'une cour intérieure, avec un donjon flanqué de ces tours. Du XIIIe siècle subsiste dans le parc une galerie dite « Jeu de Paume », à arcades et colonnade sur la façade orientale. Cette galerie mesure 41 mètres de long sur 6 mètres de large et comporte dix-neuf colonnes monolithes à chapiteaux reliées par des arcs en bois. Les remaniements se succèdent au fil des siècles, avec des travaux aux XVe et à la Renaissance, puis des transformations importantes au XIXe siècle. À cette époque la tour nord a été démolie, une terrasse aménagée sur la face sud et de nombreuses ouvertures percées dans les murs. Les communs et les remparts ont été remaniés au XVe siècle ; il subsiste aujourd'hui les courtines nord et est formant un angle droit, chacune cantonnée d'une tour. Deux de ces tours conservent encore les consoles du chemin de ronde et la cheminée de la salle à manger porte les armes de Marguerite de Chauvigny. Saint-Chartier appartint aux seigneurs de Déols puis, après l'alliance par mariage de Denise de Déols, passa durablement aux Chauvigny qui reconstruisirent le donjon au XIVe siècle et le logis au XVe siècle. Pendant la période de la Restauration, l'entretien fit défaut et plusieurs parties du château furent ruinées. En 1858, Alexandre Naud acquit la propriété ; il fit édifier dans le parc la chapelle Barbault comme chapelle funéraire et sa fille Victorine, avec son mari Michel Germain et l'architecte départemental Alfred Dauvergne, engagea une restauration entre 1873 et 1880. Le château a été victime d'un incendie au cours de la première moitié du XXe siècle et des travaux de restauration ont été entrepris par le propriétaire actuel à partir de 2009. Classé Monument Historique pour ses remparts, courtines, communs, Jeu de Paume et cheminée, et inscrit pour son corps de logis, il a reçu ces protections le 14 février 1989. Le domaine comprend le château, la chapelle Barbault, des tours et murs d'enceinte, ainsi que le parc et les jardins. Le château a accueilli pendant trente-deux ans le festival des Rencontres internationales de luthiers et maîtres sonneurs, jusqu'en 2008, avant le déménagement du festival au château d'Ars à la suite d'un changement de propriétaire. Lieu inspirant pour George Sand, il figure dans Histoire de ma vie et sert de cadre à une grande partie du roman Les Maîtres sonneurs ; l'écrivaine y décrit notamment l'ampleur des salles, les cheminées et l'impression laissée par la ruine. Des traditions locales et des récits rapprochent le château de diverses légendes, évoquant entre autres un passage de Napoléon et des fouilles légendaires pour un trésor, et la Fondation Fornesa organise chaque année, en partenariat avec la mairie, un concours de contes pour enfants lié au château.