Origine et histoire du Château de Saint-Denis-sur-Loire
Le château de Saint-Denis-sur-Loire, situé dans le Val de Loire (Loir-et-Cher), trouve ses origines au Haut Moyen Âge. Acheté en 1341 par Philippe Hurault sous Philippe VI de Valois, il reste depuis dans la famille Hurault, puis Ayguesparsse. Le site, initialement médiéval, fut agrandi au XIIIe siècle, puis transformé aux XVIe–XVIIIe siècles, mêlant influences Renaissance et classiques. Ses douves, meurtrières et soubassements de tours rappellent son passé féodal, tandis que sa façade du XVIIIe siècle, ornée de colonnes doriques et d’un fronton triangulaire, illustre son évolution architecturale.
La réputation du château est liée à ses sources thermales, connues depuis l’an 865 sous le nom celtique Voginant (« fontaine sacrée »). Dès la Renaissance, les reines Catherine et Marie de Médicis, hôtes réguliers de la cour de Blois, y séjournèrent pour leurs cures, attirées par les vertus iodées et ferrugineuses des eaux, réputées pour soigner les maux d’estomac, du foie et les affections cutanées. Les bassins, restaurés sur des vestiges gaulois, devinrent un lieu prisé, associant balnéothérapie et climat doux propice à la détente.
Au XVIIe siècle, le château fut marqué par des figures politiques comme Philippe Hurault de Cheverny, garde des sceaux sous Henri III puis chancelier sous Henri IV. La chapelle seigneuriale, aménagée dans le bras nord du transept d’une ancienne église du XIIe siècle, témoigne de cette période. Au XVIIIe siècle, le marquis Anne Marc Raoul Hurault de Saint-Denis servit comme capitaine de dragons sous Louis XVI, tandis que les jardins, inspirés des Médicis, furent réaménagés.
Le XIXe siècle vit la réhabilitation des thermes par Élisabeth de Beaucorps-Créquy (née Hurault), avec la création d’une station hydrominérale ouverte au public en 1851. L’urbanisation du village s’accéléra : l’église fut déplacée, des hébergements pour curistes construits, et les eaux, distribuées jusqu’à Paris, connurent un succès éphémère (1853–1865). Le choléra en 1868 mit fin à cet essor, malgré un projet de renaissance abandonné en 1928.
Classé aux Monuments historiques (chapelle en 1988, reste du domaine en 1948), le château conserve des éléments médiévaux comme ses douves et meurtrières, ainsi que des traces de l’ancienne église paroissiale. Aujourd’hui, ses jardins Médicis en cours de restauration et une exposition sur les thermes sont accessibles en saison, perpétuant son lien avec l’histoire thermale et aristocratique du Val de Loire.