Origine et histoire du Château de Saint-Germain
Le château de Saint-Germain-en-Laye, surnommé « Château Vieux », fut d’abord un palatium en bois construit par Louis VI le Gros vers 1124 sur un site dominant la Seine. Philippe Auguste le fortifia en pierre au XIIe siècle, ajoutant une tour-logis et une enceinte. Saint Louis y érigea au XIIIe siècle la chapelle Saint-Louis (1238), chef-d’œuvre gothique rayonnant préfigurant la Sainte-Chapelle de Paris, et y reçut les reliques de la Couronne d’épines en 1238. Détruit pendant la guerre de Cent Ans (1346), il fut reconstruit par Charles V puis transformé en résidence Renaissance par François Ier et Pierre Chambiges (1539).
Au XVIe siècle, Henri II y naquit (1519) et lança la construction du « Château Neuf » avec Philibert Delorme, achevé sous Henri IV. Le site devint un lieu politique majeur : signature de traités, refuge de Louis XIV pendant la Fronde (1649), et résidence courante du Roi-Soleil jusqu’en 1682. André Le Nôtre y aménagea des jardins à la française (1663–1680), dont la Grande Terrasse offrant une vue spectaculaire sur la vallée de la Seine. La chapelle Saint-Louis, où Louis XIV fut baptisé, et la salle des fêtes (500 m2) témoignent de son faste.
Au XVIIIe siècle, Louis XVI offrit le Château Neuf au comte d’Artois (futur Charles X), qui le fit démolir. Sous la Révolution, le domaine fut vendu comme bien national. Napoléon Ier y installa une école de cavalerie (1809), puis Napoléon III y fonda le Musée des antiquités celtiques et gallo-romaines (1862), classé Monument historique. Restauré par Eugène Millet, élève de Viollet-le-Duc, le château abrite depuis 1867 le Musée d’archéologie nationale, riche de collections préhistoriques et gallo-romaines.
Parmi les événements marquants figurent le coup de Jarnac (1547), un duel célèbre sur l’esplanade, et l’exil de la cour jacobite (1689–1701), avec Jacques II d’Angleterre. La chapelle conserve des éléments lapidaires médiévaux, tandis que la salle des fêtes, transformée en théâtre sous Louis XIV, vit se produire Molière et Lully. Les jardins, labellisés « Jardin remarquable », mêlent héritage de Le Nôtre et aménagement paysager du XIXe siècle.
Classé dès 1862, le domaine inclut aussi le pavillon de la Muette (Ange-Jacques Gabriel, XVIIIe siècle). Les fouilles archéologiques ont révélé des vestiges médiévaux, comme une cave du XIIe siècle. Aujourd’hui, le château allie patrimoine royal, muséographie et paysages classés, illustrant près de neuf siècles d’histoire française.