Origine et histoire du Château de Saint-Hippolyte
Le château de Saint-Hippolyte, situé à Monestiés dans le Tarn, trouve ses origines au XIVe siècle, comme en témoigne un testament de 1313 mentionnant Mabelia de Najac, veuve de Pons de Monestiés. Le site, traversé par une ancienne voie romaine, fut la propriété des familles Paulin de Monestiés et Mirabel, co-seigneurs locaux. Des traces de reconstructions suggèrent des dégâts subis pendant la guerre de Cent Ans, tandis que les guerres de Religion marquèrent son histoire : en 1595, il fut pris par Anne de Lévis, duc de Ventadour, aux mains des catholiques.
Au XVIIe siècle, la seigneurie passa par héritage féminin à Antoinette de Caraman, puis à Géraud Lebrun, un leveur de tailles dont la fortune permit à ses descendants d’accéder au parlement de Toulouse. Les Castelpers, alliés par mariage, devinrent seigneurs au XVIIIe siècle mais, résidant peu sur place, vendirent le château en 1786 à Pierre Viala. Pillé en 1792, il fut partiellement acquis en 1803 par Jean Cuq, aubergiste local. Les transformations majeures eurent lieu aux XVIIe (époque Lebrun) et XIXe siècles (époque Decazes), adoucissant son aspect défensif.
En 1837, le vicomte Joseph Decazes, ancien préfet d’Albi, acheta le domaine et entreprit d’importants aménagements, dont la suppression du cimetière attenant à la chapelle (devenue église paroissiale). Vendu en 1897 par Guy de Palaminy, dernier descendant Decazes, le château passa à Émile Falgueyrettes, négociant et opposant politique de Jean Jaurès. Aujourd’hui, il appartient à une SCI familiale descendante de Falgueyrettes. Son architecture, quadrilatère flanqué de tours et doté d’une cour centrale, mêle éléments défensifs (meurtrières, canonnières) et traces de restaurations (fenêtres modifiées).
La chapelle, classée monument historique en 1927, et les façades/toitures du château (classées en 1999) témoignent de son évolution entre forteresse médiévale, résidence seigneuriale et patrimoine familial. Le cimetière historique, déplacé au XIXe siècle, reste visible dans la prairie est, bien qu’abandonné. Le château illustre ainsi les mutations architecturales et sociales d’un domaine noble en Occitanie, des conflits religieux à la Révolution industrielle.