Frise chronologique
1317
Propriété épiscopale
Propriété épiscopale
1317 (≈ 1317)
Acquis par les évêques de Vabres.
1317-1346
Construction initiale
Construction initiale
1317-1346 (≈ 1332)
Château bâti par Guillaume Rotlindes, donné à Vabres.
1370
Fin occupation anglaise
Fin occupation anglaise
1370 (≈ 1370)
Départ de la garnison pendant la guerre de Cent Ans.
XIVe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIVe siècle (≈ 1450)
Château bâti par Guillaume Rotlindes, donné à Vabres.
1568
Incendie de Vabres
Incendie de Vabres
1568 (≈ 1568)
Refuge des évêques après destruction de leur cathédrale.
1639-1644
Rénovations baroques
Rénovations baroques
1639-1644 (≈ 1642)
Nouveaux appartements sous François III de la Valette.
1679
Synode diocésain
Synode diocésain
1679 (≈ 1679)
Réunion organisée par Louis de Baradat.
1791
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1791 (≈ 1791)
Acquis par un ancien fermier de l’évêque.
1988
Acquisition communale
Acquisition communale
1988 (≈ 1988)
Devenu musée géré par l’association Vie et Château.
19 avril 1991
Classement Monument historique
Classement Monument historique
19 avril 1991 (≈ 1991)
Protection officielle de l'édifice.
1991
Classement Monument historique
Classement Monument historique
1991 (≈ 1991)
Protection officielle du patrimoine.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château (cad. I 285 à 287) : classement par arrêté du 19 avril 1991
Personnages clés
| Guillaume Rotlindes - Constructeur initial |
Fonda le château, don à l’abbaye de Vabres. |
| Guillaume de Bastidos - 9e évêque de Vabres |
Restaura les remparts après 1370. |
| François Ier de la Valette-Cormusson - 17e évêque |
Paya une rançon, se réfugia à Saint-Izaire. |
| François III de la Valette-Cornusson - 20e évêque |
Lança les rénovations baroques en 1639. |
| Louis de Baradat - 23e évêque |
Organisa des synodes diocésains au XVIIe siècle. |
| Jean de la Croix de Castries - 25e et dernier évêque |
Déclare le château « en vétusté » (1710). |
| Étienne de Vassignac - 7e évêque de Vabres |
Allié aux Anglais pendant la guerre de Cent Ans. |
Origine et histoire
Le château de Saint-Izaire, construit au début du XIVe siècle (1317-1346), fut initialement édifié par Guillaume Rotlindes avant d’être offert à l’abbaye de Vabres. Devenu propriété des évêques de Vabres en 1317, il servit de résidence d’été et de refuge pendant les troubles, notamment lors de la guerre de Cent Ans, où une garnison anglaise l’occupa jusqu’en 1370. Les remparts furent restaurés sous l’épiscopat de Guillaume de Bastidos (IXe évêque), tandis que les conflits religieux du XVIe siècle (incendie de Vabres en 1568) poussèrent les évêques à s’y installer durablement.
Au XVIIe siècle, le château fut remanié pour accueillir des appartements épiscopaux, avec des travaux menés par François III de la Valette-Cornusson (1639-1644) et poursuivis sous Louis de Baradat, filleul de Louis XIV. Ce dernier y organisa des synodes diocésains, comme celui de 1679. Après un abandon progressif (déclaré « en vétusté » en 1710), le château fut vendu comme bien national en 1791, puis morcelé au XIXe siècle. Il abritera une école, un presbytère, et enfin la mairie depuis 2004, tout en conservant des éléments remarquables : fresques du XIVe siècle, plafond baroque (XVIIe) et traces de décors peints.
Architecturalement, ce château de plan quadrangulaire, en pierre rouge, mêle des caractéristiques défensives (meurtrières, tour-donjon partiellement démolie) et résidentielles (escaliers en vis, chapelle aux décors géométriques recouverts de scènes du XVIIIe siècle). Classé Monument historique en 1991, il est aujourd’hui géré par la commune, qui y a installé un musée local et des espaces culturels, perpétuant son rôle central dans la vie de Saint-Izaire.
Son histoire reflète les bouleversements politiques et religieux du Rouergue : des guerres médiévales aux conflits entre catholiques et protestants, en passant par son adaptation aux besoins des évêques sous l’Ancien Régime. La transformation en bien communal au XXe siècle a permis sa préservation, tout en l’ancrant dans la mémoire collective comme symbole du patrimoine aveyronnais.
Les sources écrites, comme les Mémoires de la Société des lettres, sciences et arts de l’Aveyron (1842), ainsi que les archives de l’abbaye de Vabres, attestent de son importance régionale. Les modifications architecturales (XVIIe siècle) et les décors intérieurs (fresques, plafonds peints) illustrent l’évolution de son usage, de forteresse épiscopale à lieu de pouvoir et de culture.