Frise chronologique
XIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIe siècle (≈ 1150)
Première forteresse édifiée par Drogon.
XIIIe siècle
Tour carrée des Dercé
Tour carrée des Dercé
XIIIe siècle (≈ 1350)
Donjon à quatre niveaux avec salle des Archives.
1356
Prison de Jean II le Bon
Prison de Jean II le Bon
1356 (≈ 1356)
Roi capturé après Poitiers logé au donjon.
XIVe siècle
Construction du donjon
Construction du donjon
XIVe siècle (≈ 1450)
Tour carrée par les seigneurs de Dercé.
1609-1626
Reconstruction Renaissance
Reconstruction Renaissance
1609-1626 (≈ 1618)
Château actuel bâti par Claude Gouffier.
1750
Apogée du domaine
Apogée du domaine
1750 (≈ 1750)
Jardins, orangerie, mobilier luxueux ajoutés.
1947
Classement monument historique
Classement monument historique
1947 (≈ 1947)
Protection du château et des douves.
1990
Rachat par de Bartillat
Rachat par de Bartillat
1990 (≈ 1990)
Début des restaurations contemporaines.
1947 et 1993
Classements Monument Historique
Classements Monument Historique
1947 et 1993 (≈ 1993)
Protection du château, parc et dépendances.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Bâtiments anciens et annexes ; douves et parties du parc portant les numéros 581 à 597 (anciennement 1430 à 1444 du plan cadastral) : classement par arrêté du 8 janvier 1947 ; Parties bâties et non bâties du domaine non concernées par l'arrêté de 1947, y compris les murs et les clôtures avec leurs portes, mais à l'exclusion de l'emprise de la voie ferrée (cad. A 559 à 561, 564 à 572, 574, 575, 578 à 580, 2718, 2719, 2721 à 2724, 2735, 2736) : classement par arrêté du 5 juillet 1993
Personnages clés
| Drogon - Premier seigneur de Saint-Loup |
Fonde le château au XIe siècle. |
| Jean et Amaury Dercé - Seigneurs médiévaux |
Constructeurs du donjon au XIIIe siècle. |
| Jean II le Bon - Roi de France |
Prisonnier au donjon en 1356. |
| Artus Gouffier de Boisy - Duc de Roannais |
Acquiert le domaine en 1517. |
| Claude Gouffier - Comte de Caravaz |
Rebâtit le château (début XVIIe). |
| Charles-Henri de Bartillat - Propriétaire actuel |
Restaure le domaine depuis 1990. |
| Jean et Amaury de Dercé - Seigneurs médiévaux |
Constructeurs du donjon (XIVe siècle). |
Origine et histoire
Le château de Saint-Loup-sur-Thouet trouve ses origines au XIe siècle avec la construction d’un premier édifice par Drogon, premier seigneur connu du lieu. Au XIIIe siècle, la famille Dercé érige la tour carrée, un donjon de quatre niveaux abritant une salle des Archives pour la baronnie de Saint-Loup et de Bressuire. Ce donjon accueille des figures historiques comme le roi Jean II le Bon, prisonnier après la bataille de Poitiers (1356), et le Prince Noir. La structure médiévale, partiellement conservée, inclut un corps de garde, un pavillon et un logis, tandis que les remparts sont remplacés par des murets.
Au début du XVIIe siècle, Claude Gouffier, comte de Caravaz et inspiré du marquis de Carabas de Perrault, fait construire l’actuel château en forme de « H », typique du style fin Henri IV. Les dates de 1609 (cadran solaire) et 1626 (campanile) marquent cette période. Le plan rend hommage à Henri IV, avec un corps de logis central encadré d’ailes symétriques. Le domaine passe ensuite entre les mains de fermiers généraux (Lepage, Boyer de la Boissière, Haran de Borda) au XVIIIe siècle, qui l’enrichissent de jardins à la française, d’une orangerie, et d’un mobilier luxueux, atteignant son apogée vers 1750.
Au XIXe et XXe siècles, le château change plusieurs fois de propriétaires, dont les familles d’Abbadie d’Ithorrotz et de Maussabré-Beufvier. Endommagé pendant l’Occupation allemande (1939-1945), il est restauré à partir de 1955 par Robert de Maussabré et sa sœur Gilberte, qui le remeublent avec des pièces anciennes. En 1987, le domaine est acquis par Jean-Jacques Debout et Chantal Goya, puis par le comte Charles-Henri de Bartillat en 1990. Ce dernier restaure les jardins (d’après un plan de 1745), le pigeonnier, et l’orangerie, ouvrant le château au public en 1998.
Classé Monument Historique en 1947 (château, douves, parc) puis en 1993 (ensemble du domaine), Saint-Loup-sur-Thouet illustre l’évolution architecturale des châteaux poitevins, du donjon médiéval au style Louis XIII. Ses jardins, reconstitués selon des plans Renaissance, comprennent un potager ornemental, des alignements d’arbres et un verger de variétés anciennes. Le site a inspiré d’autres châteaux, comme celui de Rigny (Deux-Sèvres) ou d’Havrincourt (Pas-de-Calais), copié en 1928.
L’orangerie, mélange des XVe et XVIIIe siècles, et le pigeonnier font partie des dépendances classées, aux côtés d’une ferme dite « ménagerie » et d’une glacière. Le parc, ceint de douves alimentées par le Thouet, s’organise autour d’axes centraux reliant le château aux bois en promontoire. Les tapisseries et tableaux du château ont été protégés par l’État en 1989, après une tentative de vente à un groupe japonais. Aujourd’hui propriété privée, le château se visite partiellement, avec des jardins accessibles en saison.