Origine et histoire du Château de Saint-Lubin-des-Joncherets
Le château de Saint-Lubin-des-Joncherets, construit au XVIIe siècle, est un édifice privé inscrit au titre des monuments historiques depuis le 5 avril 1930. Il est situé en bordure de l'Avre, dans une vallée verdoyante du département d'Eure-et-Loir, en région Centre-Val de Loire. Son architecture est contemporaine de celle de l'église paroissiale, qui lui servait autrefois de chapelle, reflétant une unité stylistique entre ces deux monuments emblématiques de la commune.
En 1620, le château est érigé dans un contexte de reconstruction post-guerres de Religion, marquant une période de stabilité et de prospérité pour la région. Le fief de Saint-Lubin appartient alors à François Vedeau de Grammont, conseiller au parlement, qui participe également à la restauration de l'église voisine après un incendie en 1620. Ce lien entre le château et l'église, aujourd'hui classée, souligne l'importance historique de ce site.
Le parc du château abrite des platanes d'Orient plantés aux alentours de 1720, labellisés Arbres remarquables de France en 2020. Ces éléments paysagers ajoutent une dimension patrimoniale naturelle au monument, témoignant de son évolution à travers les siècles. Le château, toujours privé, reste un symbole de l'histoire locale, lié aux transformations sociales et économiques de la vallée de l'Avre.
Au XIXe siècle, la commune connaît un essor industriel avec l'installation de filatures et d'usines, comme celle des Waddington, qui dynamise la région. Bien que le château ne soit pas directement mentionné dans ces développements, son maintien comme monument inscrit reflète la préservation d'un patrimoine aristocratique dans un contexte de modernisation. Aujourd'hui, il incarne à la fois l'héritage architectural du XVIIe siècle et la continuité historique de Saint-Lubin-des-Joncherets.
La commune, marquée par des conflits comme la Première Guerre mondiale (où le château du Haut-Venay, voisin, servit d'hôpital militaire), conserve ce monument comme un repère identitaire. Son inscription précoce en 1930 témoigne de sa valeur patrimoniale reconnue, dans une région où l'Avre a longtemps servi de frontière entre Normandie et royaume de France.
Enfin, le château s'inscrit dans un paysage plus large de châteaux et monuments historiques d'Eure-et-Loir, contribuant à l'attractivité culturelle de la région Centre-Val de Loire. Son histoire, bien que partiellement documentée, reste indissociable de celle de la commune et de ses transformations, des guerres médiévales à l'ère industrielle.