Origine et histoire du Château de Saint-Malo
Le château de Saint-Malo est un édifice militaire construit entre le XVe et le XVIIIe siècle, situé à l’est de la ville close de Saint-Malo, en Bretagne. Il fut érigé par les ducs de Bretagne pour affirmer leur autorité sur la cité, notamment après sa restitution en 1415 par le roi Charles VI au duc Jean V. Ce dernier entama sa construction en 1424 avec le Grand Donjon, une structure en fer à cheval conçue pour contrôler l’accès entre la ville et le continent, remplaçant ainsi le Château Gaillard bâti par Charles VI en 1394.
Au fil des siècles, le château fut renforcé et modifié. En 1475, le duc François II fit construire la tour La Générale, tandis qu’Anne de Bretagne, sa fille, ajoutait entre 1498 et 1501 la tour Quic-en-Groigne, malgré l’opposition des bourgeois malouins. Deux autres tours, celles des Dames et des Moulins, furent édifiées peu après, renforçant les défenses contre l’artillerie. Le traité du Verger en 1488, plaçant la Bretagne sous suzeraineté française, marqua un tournant dans son histoire militaire.
Au XVIIe siècle, sous Louis XIV, Vauban modernisa les fortifications : les tours furent arasées pour accueillir des canons, et le bastion de la Galère, en forme de proue de navire, fut ajouté. Le château devint une caserne au XIXe siècle, puis abritera le musée d’Histoire de la Ville après 1921. Endommagé en 1944 lors de la Libération, il fut restauré et abrite aujourd’hui la mairie et le musée.
Classé Monument Historique dès 1886, le château illustre l’évolution de l’architecture militaire, des remparts médiévaux aux bastions vaubaniens. Ses éléments les plus anciens, comme le Petit Donjon et la courtine ouest, datent du XIVe siècle, tandis que les casernes du XVIIIe siècle témoignent de son adaptation aux besoins militaires et civils.
Le site offre un panorama des techniques défensives, des mâchicoulis médiévaux aux plates-formes d’artillerie du XVIIe siècle. Son histoire reflète aussi les tensions entre les ducs de Bretagne, les rois de France et les Malouins, comme en témoignent les prises d’assaut du château en 1590 et 1792. Aujourd’hui, il reste un symbole du patrimoine breton et un lieu de mémoire historique.