Origine et histoire du Château de Saint Mesmin
Le château de Saint-Mesmin, situé à Saint-André-sur-Sèvre (Deux-Sèvres), est une forteresse médiévale édifiée vers 1370 par Pierre de Montfaucon, seigneur local. Son plan hexagonal, flanqué de sept tours en fer à cheval et entouré de douves alimentées par le ruisseau le Sevreau, en faisait une place forte stratégique dépendant de la baronnie de Parthenay. Les conflits avec le suzerain Guillaume Larchevêque aboutirent en 1375 à la destruction partielle du château après des travaux de fortification non autorisés, suivis d’un long procès devant le Parlement de Paris.
Au XVe siècle, la famille de Montfaucon érigea un donjon de 28 mètres à l’emplacement d’une tour existante, doté de mâchicoulis et de canonnières, reflétant l’évolution des techniques militaires. Le château connut une modernisation majeure au XVIIe siècle sous les familles Petit de La Guierche puis de Vasselot, avec l’ajout de fenêtres, cheminées et toitures encore visibles aujourd’hui. Abandonné en 1766, il fut incendié en 1794 par les Colonnes Infernales pendant les guerres de Vendée, puis servi d’hôpital militaire en 1914–1915.
Racheté en 1818 par la famille Proust, le château, en ruine partielle après un effondrement en 1983, fut sauvé par l’Association A.CHA.S.ME. (1990–2003), qui lança sa restauration. Depuis 2003, il est géré par un syndicat mixte réunissant les départements des Deux-Sèvres et de la Vendée. Classé Monument Historique en 1993, il ouvre aujourd’hui au public avec des visites thématiques et des animations médiévales, tout en poursuivant sa rénovation (toitures, donjon, corps de ferme).
L’histoire du château est marquée par des conflits féodaux (XIVe siècle), des transformations architecturales (XVIIe siècle) et des événements révolutionnaires (1794–1796). Son donjon, ses archères et son châtelet d’entrée témoignent de son rôle défensif, tandis que ses intérieurs (salle seigneuriale, chapelle) évoquent sa vocation résidentielle. La bataille de 1796, opposant 40 Vendéens à 250 Républicains, illustre son implication dans les guerres civiles.
Le site, situé à la frontière entre Nouvelle-Aquitaine et Pays de la Loire, beneficie d’un partenariat interrégional pour sa préservation. Les fouilles et restaurations récentes (2021–2022) ont permis de mettre en valeur ses éléments médiévaux (pont-levis, mâchicoulis) et ses aménagements classiques (orangerie, salons).