Origine et histoire
Le château de Saint-Mesmin, situé à Saint-André-sur-Sèvre dans les Deux-Sèvres, est une forteresse médiévale édifiée au XIVe siècle. Son plan hexagonal, flanqué de cinq tours en fer à cheval et entouré de douves, reflète les techniques militaires de l’époque. Il dépendait initialement de la baronnie de Parthenay, l’une des plus puissantes de la région, et fut reconstruit vers 1370 par Pierre de Montfaucon, seigneur local. Ce château, bien que conçu pour la défense, servait aussi de résidence seigneuriale, comme en attestent ses aménagements ultérieurs.
Au XVe siècle, la famille de Montfaucon y érige un donjon de 28 mètres, couronné de mâchicoulis, remplaçant l’une des tours d’origine. Le château connaît une phase de remodelage majeur au XVIIe siècle, avec l’ajout de fenêtres, cheminées et toitures encore visibles aujourd’hui. Cependant, son déclin s’amorce au XVIIIe siècle : les douves sont asséchées en 1766, et les propriétaires, la famille de Vasselot, l’abandonnent progressivement. En 1794, pendant les guerres de Vendée, les Colonnes Infernales l’incendient partiellement, ne laissant debout que la grosse tour et quelques communs.
Le château change plusieurs fois de mains au fil des siècles. Après avoir appartenu aux Montfaucon (XIVe–XVIe siècles), il passe aux du Plessis de La Bourgognière, puis aux Vaudrey de Saint-Phal, qui obtiennent en 1577 des droits de foires et marchés pour la seigneurie. En 1650, la famille Petit de La Guierche en devient propriétaire et élève le domaine au rang de marquisat en 1705. Les inventaires de 1714 et 1734 révèlent un intérieur luxueux, avec tapisseries, billard, et une chapelle ornée. Pendant la Révolution, le château est vendu comme bien national en 1798, après avoir été le théâtre d’un combat en 1796 entre Vendéens et républicains.
Au XIXe siècle, la famille Proust acquiert le château en 1818 et le conserve jusqu’en 1990, malgré son abandon progressif. En 1914–1915, il sert d’hôpital militaire pour 59 blessés, la chapelle du donjon étant remise en service. Dans les années 1980, l’effondrement du logis seigneurial (1983) accélère sa dégradation. Sauvé in extremis par l’association A.CHA.S.ME. en 1990, il est classé monument historique en 1993. Depuis 2003, un syndicat mixte regroupant les départements des Deux-Sèvres et de la Vendée en assure la restauration et l’ouverture au public.
Aujourd’hui, le château de Saint-Mesmin se visite toute l’année pour les groupes et lors d’événements pour les individuels. Les travaux de restauration, soutenus par l’État, les régions Nouvelle-Aquitaine et Pays de la Loire, ainsi que les départements concernés, visent à préserver ce patrimoine médiéval unique. Son architecture, mêlant éléments défensifs (archères, mâchicoulis) et résidentiels (salles d’apparat, orangerie), en fait un témoignage rare de l’évolution des châteaux forts en résidence aristocratique.
Le site, situé à la frontière entre la Nouvelle-Aquitaine et les Pays de la Loire, est marqué par son histoire mouvementée, des conflits féodaux du XIVe siècle aux guerres de Vendée. Son ruisseau, le Sevreau, qui alimentait autrefois les douves, symbolise cette position charnière entre deux régions et deux départements. Classé monument historique, le château incarne à la fois la puissance seigneuriale passée et les efforts contemporains pour sauvegarder un patrimoine menacé.