Frise chronologique
1184
Première mention de la chapelle
Première mention de la chapelle
1184 (≈ 1184)
Chapelle confirmée à l'abbaye de la Roë.
1505
Début de la construction du manoir
Début de la construction du manoir
1505 (≈ 1505)
Guy Le Clerc obtient la jouissance du domaine.
1523
Mort de Guy Le Clerc
Mort de Guy Le Clerc
1523 (≈ 1523)
Fin de vie à Saint-Ouen.
1604
Visite attestée du château
Visite attestée du château
1604 (≈ 1604)
Date inscrite sur un vitrail.
1791
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1791 (≈ 1791)
Acquis pour 28 000 livres.
1923
Premier classement monument historique
Premier classement monument historique
1923 (≈ 1923)
Logis et tour classés.
1944
Second classement monument historique
Second classement monument historique
1944 (≈ 1944)
Pavillon nord et chapelle classés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le corps de logis central avec sa tour carrée : classement par arrêté du 13 décembre 1923 - Le pavillon nord et la chapelle : classement par arrêté du 4 mai 1944
Personnages clés
| Guy Le Clerc de Coulaines - Abbé de la Roë (1493-1523) |
Commanditaire du manoir et de la tour. |
| Yves de Scépeaux - Abbé de la Roë, oncle de Guy |
Prédécesseur à l'abbaye de la Roë. |
| Simon Hayeneuve - Ami de Guy Le Clerc |
Aura dirigé la construction de la tour. |
| Comte de Sèze - Propriétaire post-révolutionnaire |
Restaura le château au XIXe siècle. |
| Anne de Bretagne - Reine de France |
Inspira les motifs décoratifs (lis et hermine). |
Origine et histoire
Le château de Saint-Ouen, situé à Chemazé dans le département de la Mayenne, trouve ses origines à la fin du XIIe siècle avec une chapelle dépendant de l'abbaye de la Roë. Cette chapelle, restaurée au XVe siècle, fut transformée en manoir au début du XVIe siècle sous l'impulsion de Guy Le Clerc de Coulaines, abbé de la Roë de 1493 à 1523. Ce dernier, neveu d'Yves de Scépeaux, obtint en 1505 la jouissance du domaine de Saint-Ouen et entreprit la construction d'un manoir modeste, enrichi d'une tour carrée et d'un escalier luxueux, reflétant ses goûts artistiques et son attachement à la reine Anne de Bretagne.
La tour carrée, ornée des armoiries de l'abbaye de la Roë et de motifs symbolisant la France et la Bretagne, est l'élément le plus remarquable du château. Guy Le Clerc y apposa son chiffre dans les détails architecturaux, notamment dans une cheminée sculptée avec soin. Malgré ses fonctions ecclésiastiques et son attachement à la cour, il résida à Saint-Ouen jusqu'à sa mort. Le château, initialement simple chapelle confirmée à l'abbaye en 1184, devint un lieu de résidence prisé par ses successeurs avant d'être délaissé au XVIIe siècle.
Vendu comme bien national en 1791 pour 28 000 livres, le château fut ensuite racheté par le comte de Sèze, qui entreprit des réparations pour lui redonner son éclat. Classé monument historique en 1923 pour son logis et sa tour, puis en 1944 pour son pavillon nord et sa chapelle, il témoigne aujourd'hui de l'architecture Renaissance et de l'histoire religieuse de la région. Les archives mentionnent également un dessin du château envoyé à l'Académie des inscriptions en 1818, soulignant son importance patrimoniale.
Le château de Saint-Ouen ne fut jamais un prieuré, mais une chapelle associée à un fief relevant de Château-Gontier. Les assises de ce fief se tinrent régulièrement jusqu'au XVIIe siècle. L'édifice, marqué par des influences artistiques variées, illustre le mélange entre fonction religieuse et résidence seigneuriale, typique des constructions abbatiales de l'époque.