Première mention écrite 1184 (≈ 1184)
La chapelle est mentionnée sous le nom de Capella Sancti Audoeni apud Chamazeium.
Fin du XIIe siècle
Construction de la chapelle
Construction de la chapelle Fin du XIIe siècle (≈ 1295)
Une chapelle est édifiée à l'emplacement du futur château.
1505
Construction du manoir
Construction du manoir 1505 (≈ 1505)
Guy Le Clerc de Coulaines commence la construction du manoir abbatial.
XVe siècle
Restauration de la chapelle
Restauration de la chapelle XVe siècle (≈ 1550)
La chapelle initiale est restaurée.
1604
Visite attestée
Visite attestée 1604 (≈ 1604)
Un vitrail daté de 1604 montre que le château était encore visité.
1791
Vente comme bien national
Vente comme bien national 1791 (≈ 1791)
Le château est vendu comme bien national pour 28 000 livres.
13 décembre 1923
Classement du logis
Classement du logis 13 décembre 1923 (≈ 1923)
Le logis et la tour sont classés monuments historiques.
4 mai 1944
Classement du pavillon
Classement du pavillon 4 mai 1944 (≈ 1944)
Le pavillon nord et la chapelle sont classés monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le corps de logis central avec sa tour carrée : classement par arrêté du 13 décembre 1923 - Le pavillon nord et la chapelle : classement par arrêté du 4 mai 1944
Personnages clés
Guy Le Clerc de Coulaines
Abbé qui a construit le manoir abbatial et ajouté une tour carrée.
Simon Hayeneuve
Architecte potentiel du manoir abbatial.
Comte de Sèze
Propriétaire qui a entrepris des réparations pour rendre son lustre au château.
Origine et histoire du Château de Saint-Ouen à Chemazé
Le château de Saint-Ouen, édifice de style Louis XII situé à Chemazé (Mayenne), a d’abord été mentionné comme une chapelle dépendant de l’abbaye de la Roë et confirmé en 1184 sous l’appellation Capella Sancti Audoeni apud Chamazeium ; d’autres mentions ultérieures donnent diverses dénominations du lieu en 1505, 1522, 1584 et 1645, qui témoignent de son évolution entre chapelie, terre et seigneurie. À la fin du XIIe siècle une chapelle occupait l’emplacement du château ; elle fut restaurée au XVe siècle. Après la mort de l’abbé Yves de Scépeaux, les chanoines réguliers nommèrent abbé Guy Le Clerc de Coulaines (1493-1523), qui, voulant y établir sa résidence, conclut en 1505 des arrangements avec l’abbaye lui donnant la jouissance du domaine. Il entreprit alors la construction d’un manoir abbatial, d’abord modeste, auquel il ajouta au cours des travaux une tour carrée d’un luxe et d’une ampleur qui dominent l’ensemble ; selon Angot, Simon Hayeneuve aurait pu en donner le dessin et en diriger l’exécution. La tour abrite un vaste escalier et se caractérise par un parti architectural soigné : les fenêtres ont été disposées au milieu du bandeau séparant les étages afin de ne pas être coupées par la rampe, et l’escalier se termine par une tourelle en encorbellement donnant accès à une terrasse ceinte d’une balustrade, vestige du belvédère primitif. Guy Le Clerc fit graver son chiffre dans l’ornementation, tandis que des motifs comme les roues, armes parlantes de l’abbaye de la Roë, et les armoiries de France et de Bretagne figurent dans la décoration, signe de son attachement à sa souveraine. L’intérieur du logis suit le même goût raffiné : l’une des chambres conserve une cheminée finement sculptée ornée du chiffre répété de l’abbé et une frise largement travaillée. Guy Le Clerc s’y fixa définitivement deux ans avant sa mort et y mourut ; ses successeurs apprécièrent aussi la résidence. Un vitrail daté de 1604, portant l’inscription Beata maria de Rota, atteste que le château restait encore visité au début du XVIIe siècle. Par la suite, lorsque les abbés furent étrangers à la région, Saint-Ouen fut délaissé, affermé puis vendu comme bien national le 14 mars 1791 pour 28 000 livres. Il devint ensuite la propriété du comte de Sèze, qui entreprit des réparations pour lui rendre son lustre. Un dessin du château figure parmi les mémoires adressés à l’Académie des inscriptions et belles-lettres en 1818, selon une note du cabinet Grille à la bibliothèque d’Angers. Bien que quelquefois qualifié de prieuré, Saint-Ouen n’a jamais été qu’une chapelle rattachée à la Roë ; aucun prieur n’y est attesté, tandis qu’un fief mouvant de Château-Gontier y était attaché jusqu’au XVIIe siècle. Le logis et la tour ont fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques le 13 décembre 1923, puis le pavillon nord et la chapelle ont été classés le 4 mai 1944.