Origine et histoire du Château de Saint-Ouen
Le château de Saint-Ouen, situé à Saint-Ouen-sur-Seine en Île-de-France, est un monument emblématique du 1er quart du XIXe siècle. Construit sous la Restauration, il remplace un château du XVIIe siècle édifié par Antoine Lepautre pour Joachim Seiglières de Boisfranc, surintendant des finances de Louis XIV. Ce premier château, orné d'une orangerie décorée par Bon Boullogne, fut un lieu de réception fastueux pour la cour, notamment pour Monsieur, frère du roi. Il fut ensuite modifié par la marquise de Pompadour, qui y créa un appartement royal et restructura les communs sous la direction probable d'Ange-Jacques Gabriel.
En 1811, le domaine est acquis par Vincent Potocki, puis par Louis XVIII en 1816. Ce dernier le fait détruire pour construire l'actuel château néo-palladien, conçu par Jean-Jacques-Marie Huvé. Le roi y signe la Déclaration de Saint-Ouen le 2 mai 1814, rétablissant la monarchie tout en reconnaissant certaines libertés révolutionnaires. Le château est ensuite cédé à sa favorite, la comtesse du Cayla, qui l’inaugure en 1823 avec un mobilier et des décors somptueux, réalisés par des artisans renommés comme Pierre-Antoine Bellangé et François Gérard.
Après la mort de la comtesse en 1852, le château est transformé en hippodrome, puis en usine et en hôpital militaire pendant la Première Guerre mondiale. Acquis par la commune en 1958, il est restauré et abrite aujourd’hui un musée d’histoire locale et un conservatoire. Classé monument historique en 2019, il conserve des décors intérieurs exceptionnels, comme la salle à manger aux portes en loupe de noyer et le salon commémorant la Déclaration de Saint-Ouen. Son mobilier d’origine, transféré en Lorraine, est en cours de réintégration.
Le château actuel, de plan carré avec des façades symétriques, s’élève sur trois niveaux. Son rez-de-chaussée, dédié aux réceptions, conserve presque intégralement son décor d’origine, tandis que les étages supérieurs, bien que modifiés, gardent une disposition lisible. Le parc, autrefois étendu jusqu’à la Seine, a été morcelé par l’industrialisation et l’urbanisation, mais le château reste un témoignage majeur de l’architecture et de l’histoire politique de la Restauration.
Parmi les événements marquants, le château a accueilli en 1973 la délégation vietnamienne pour les accords de paix de Paris. Plus récemment, il a servi de base arrière à la délégation olympique brésilienne lors des Jeux de Paris 2024, soulignant son rôle continu dans l’histoire contemporaine.