Origine et histoire du Château de Saint-Privat à Flaugnac
Le château de Saint-Privat est situé sur la commune de Flaugnac, dans le département du Lot, en Occitanie. Il occupait l’extrémité du plateau aride du Quercy Blanc et faisait partie du village disparu de Saint-Privat-de-Montcabrier, l’une des trois paroisses de Flaugnac. Ce village, entouré d’une enceinte au XIVe siècle, dépendait de la châtellenie de Castelnau-Montratier. Le nom du château provient de la famille de chevaliers Saint-Privat de la Olmière, qui en détenait le fief. En 1296, Gaillard de Saint-Privat de la Olmière rend hommage à Ratier III de Castelnau. La famille s’éteint au XIVe siècle, et le fief passe successivement aux Cas, Rouzet, puis aux Gontaud de Lalbenque, avant d’être vendu en 1460 à Jean de Fenelo de Parisot.
À la fin du XVe siècle, après la guerre de Cent Ans, les seigneurs de Fenelo entreprennent des embellissements majeurs : ajout d’une tour circulaire à escalier sur la façade principale, réaménagement de l’église et du château selon un plan typique des maisons fortes de l’époque. En 1466, Guillaume de Montégut rachète le fief et y apporte des modifications, comme l’acquisition de dîmes en 1477. Le château reste dans cette famille jusqu’au XVIIe siècle, où il est acquis par le bourgeois cahorsin Guillaume Baudus (1628). Ses descendants, dont Marie de Baudus (1649–1719), le conservent jusqu’à la Révolution, période où il est vendu comme bien national.
La chapelle attitrée, reconstruite à la même époque que les travaux du château, abrite un décor peint remarquable du début du XVIe siècle, représentant des scènes bibliques comme l’Arrestation du Christ. Classée Monument historique en 2002, elle témoigne de l’importance religieuse du site. Le château, quant à lui, subit des transformations aux XVIIe et XXe siècles, notamment l’ouverture de fenêtres à croisées et la restauration partielle en 1958. Aujourd’hui, il illustre l’évolution architecturale d’une seigneuriale quercynoise, entre Moyen Âge tardif et Renaissance.
Les sources mentionnent également des éléments défensifs médiévaux conservés, comme des portes en tiers-point et des fragments de fenêtres géminées, ainsi que des aménagements intérieurs (cheminée dans la grande salle). Le site, bien que privé, reste un témoignage patrimonial majeur du Lot, lié à l’histoire féodale et religieuse de la région.