Origine et histoire
Le château de Saint-Privat se dresse sur le plateau aride du Quercy Blanc, à Flaugnac (Lot), à l’emplacement d’un village disparu, Saint-Privat-de-Montcabrier, autrefois l’une des trois paroisses locales. Il dépendait de la châtellenie de Castelnau-Montratier. Son nom provient de la famille de chevaliers Saint-Privat de la Olmière, qui en détenait le fief. En 1296, Gaillard de Saint-Privat rend hommage à Ratier III de Castelnau. Le village, entouré d’une enceinte en 1398, comptait quelques maisons autour de l’église et du château.
La famille Saint-Privat s’éteint au XIVe siècle avec Magne, mariée à Bertrand de Cas, chevalier de Caylus. En 1403, Arnaud de Rouzet rend hommage pour le fief à l’évêque de Cahors. Les Gontaud de Lalbenque succèdent aux Cas, puis vendent le fief en 1460 à Jean de Fenelo, qui le revend en 1466 à Guillaume de Montégut. Ce dernier, encore mentionné en 1490, achète aussi des dîmes en 1477. Les Fenelo, seigneurs au XVe siècle, embellissent l’église et le château après la guerre de Cent Ans, ajoutant une tour circulaire à escalier, typique des maisons fortes de l’époque.
En 1628, le fief est acquis par Guillaume Baudus, bourgeois de Cahors. Ses descendants, dont Marie de Baudus (1649–1719), conservent le domaine jusqu’à la Révolution, où il devient bien national, racheté par un sieur Boncour. Le château, réaménagé au XVIIe siècle (fenêtres à croisées, porte en arc brisé, cheminée), change plusieurs fois de mains avant d’être restauré en 1958. La chapelle, vestige du village médiéval, est inscrite aux Monuments historiques depuis 2002.
Architecturalement, le château allie un plan rectangulaire en moellons calcaires, des vestiges des XIIIe–XIVe siècles (portes en tiers-point, fragments de fenêtres géminées) et une tour-escalier du XVe siècle. Les restaurations modernes ont préservé ces éléments, témoignant de son évolution depuis la maison forte médiévale jusqu’à la demeure seigneuriale.