Légs à l’évêché de Mende 1905 (≈ 1905)
Vente pour financer la cathédrale
1968
Pillage et effondrement partiel
Pillage et effondrement partiel 1968 (≈ 1968)
Vente du portail Renaissance
1995
Inscription et restauration
Inscription et restauration 1995 (≈ 1995)
Sauvetage par une famille locale
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Inscrit MH
Personnages clés
Antoine II de la Tour Saint Vidal - Seigneur de Saint-Saturnin
Responsable des embellissements XVIᵉ
Casimir d’Yzarn de Freissinet de Valady - Dernier propriétaire privé
Lègue le château à l’évêché
Origine et histoire
Le château de Saint-Saturnin, situé en Lozère dans l’ancienne province du Gévaudan, est mentionné dès le XIIIe siècle comme propriété du roi de France. Il appartenait à la puissante famille des Montferrand, proches des barons locaux, et non aux barons de Canilhac. Ce château fort, stratégique, était intégré dans un réseau de seigneuries influentes du Gévaudan médiéval, où douze familles majeures détenaient des droits politiques.
Au XVIe siècle, Antoine II de la Tour Saint Vidal, seigneur des lieux, entreprend des travaux d’embellissement, dont la façade sud. Le château est agrandi au XVIIe siècle avec une aile ouest reliant le corps de logis à la tour nord-ouest, formant un quadrilatère flanqué de quatre tours. Les écuries et fours complètent alors l’ensemble. Le dernier propriétaire, Casimir d’Yzarn de Freissinet de Valady, lègue le château à l’évêché de Mende en 1905, dont la vente finance le portail néo-gothique de la cathédrale.
À partir de 1968, le château, en ruine et non classé, est pillé : pierres, portes et fenêtres sont vendues, dont un portail Renaissance (orné des armoiries des Yzarn de Freissinet) transféré au château de la Caze. L’arrachage de ce portail provoque l’effondrement de l’aile ouest. Sauvé en 1995 par une famille locale, il est inscrit aux Monuments Historiques et restauré pierre par pierre grâce à des archives précises, évitant sa disparition.
Une légende médiévale raconte que les passagers devant le château devaient saluer sous peine d’emprisonnement. Les récalcitrants, libérés sous condition de danser jusqu’à la sortie, ignoraient que les pierres avaient été chauffées, causant leur souffrance. Cette histoire illustre l’autorité brutale des seigneurs de Saint-Saturnin.
Architecturalement, le château se compose de trois tours rondes et une carrée, couvertes d’ardoise. Son emplacement, au pied des falaises du Causse de Sauveterre (classé à l’UNESCO), en fait un site remarquable visible depuis l’autoroute A75. Aujourd’hui, il témoigne à la fois de la puissance féodale du Gévaudan et des efforts contemporains de préservation du patrimoine.