Origine et histoire du Château de Saint-Sulpice
Situé sur la commune de Saint‑Sulpice dans le Lot, le château a été établi à partir d'un édifice médiéval primitif qui verrouillait la vallée du Célé. Cette place forte, déjà organisée au XIIIe siècle, protégeait les possessions de la famille Hébrard dans la vallée. Elle est aménagée au XVIe siècle par les Hébrard de Saint‑Sulpice en une demeure Renaissance réputée. La famille a pour plus ancien membre connu Géraud, originaire de Cajarc ; le fief de Saint‑Sulpice, près de l'abbaye Saint‑Pierre de Marcilhac‑sur‑Célé, a peut‑être été acquis de la maison de Béduer. En 1250, Guillaume Hébrard prend le titre de chevalier, seigneur de Saint‑Sulpice ; il est le père d'Aymeric, évêque de Coïmbre (1279‑1295), qui fait bâtir un monastère de religieuses de l'ordre de Saint‑Augustin et fait venir des esclaves sarrasins pour travailler les terres. Jean III Hébrard épouse Claude de Gontaut‑Biron en 1551 ; ils transforment le château médiéval en une belle demeure Renaissance et y résident, ou à Couanac, lorsqu'ils séjournent en Quercy. Jean III meurt dans son château en 1581. Ses fils connaissent des sorts tragiques : Henri est assassiné à Blois en 1576 par le vicomte de Tours, Armand meurt à dix‑huit ans au siège de La Rochelle en 1573 et Bertrand est tué à la bataille de Coutras en 1587. Sa fille Catherine épouse en 1587 Pons de Lauzières, marquis de Thémines ; Bertrand Hébrard, qui avait épousé en 1579 Marguerite de Balaguier, est le père de Claude Hébrard, mariée en 1601 avec Emmanuel Ier de Crussol, duc d'Uzès. Au début du XVIIe siècle, le château passe par alliance à la maison de Crussol d'Uzès, qui laisse à l'abandon les châteaux hérités en Quercy. Vingt‑cinq ans avant la Révolution, le propriétaire, ayant renoncé à l'habiter, vend le mobilier, les tableaux et une bibliothèque de plus de 3 000 livres. En 1780, Antoine Vidal de Lapize acquiert un ensemble de peintures provenant du château pour les installer au château de la Pannonie. Vendu comme bien national en 1790, le château est ensuite saisi comme bien d'émigré et acheté par plusieurs propriétaires qui entreprennent de le démolir pour revendre les matériaux, à l'exception des murs en moellons. Au XIXe siècle, il est presque entièrement démoli ; il ne subsiste aujourd'hui que des pans de murs et quelques éléments d'architecture. Une branche collatérale, la famille La Noue, rachète la propriété au XIXe siècle et fait édifier en 1904 une villa de style balnéaire par l'architecte Anatole Bienaimé ; cette villa est détruite en 1982. Les vestiges du château médiéval sont inscrits au titre des monuments historiques le 7 janvier 1988.