Origine et histoire du Château de Saint-Thamar
Le château de Saint-Thamar, situé à Terrou dans le Lot, trouve ses origines au XVe siècle sous la famille Colomb, des maîtres verriers établis dans la région depuis 1469. Ces artisans, fournisseurs des vitres du Palais de Versailles au XVIIe siècle, ont profondément transformé le château à cette époque. Une demeure fortifiée existait déjà sur le site depuis le XIIIe siècle, mais c’est sous les Colomb que le logis prend sa forme actuelle, avec un corps principal reconstruit au XVIIIe siècle. La famille, initialement protestante, se convertit au catholicisme avec Thamar de Colomb, seigneur des lieux, marié en 1687 à Françoise d'Escayrac de Malaval.
Le château traverse la Révolution sans dommage grâce à la popularité de François de Colomb de Saint-Thamar, maire de Terrou à plusieurs reprises entre 1800 et 1870. À sa mort en 1873 sans héritier direct, le domaine passe aux Lachièze de Briance par mariage, puis aux Gaches de Venzac. Vendue en 1934 à la famille Soulié, la propriété abrite des familles juives pendant la Seconde Guerre mondiale. En 1944, la 2e division SS Das Reich endommage partiellement le château, dont une aile est incendiée mais sauvée par les villageois. Terrou, base du maquis local, reçoit la médaille de la Résistance pour son rôle pendant la guerre.
Classé Monument Historique en 1975, le château se distingue par son architecture en L, sa tour ronde et ses toitures en lauzes de schiste. Le parc paysager actuel, aménagé après 1956, remplace un ancien jardin à la française. Le domaine, resté dans la même lignée pendant cinq siècles, incarne l’histoire des gentilhommes-verriers du Quercy et leur héritage architectural.
Les Colomb de Saint-Thamar, figures majeures de l’histoire locale, illustrent l’ascension sociale d’une famille d’artisans devenus nobles. Leur conversion religieuse au XVIIe siècle reflète les tensions de l’époque, tandis que leur engagement municipal au XIXe siècle témoigne de leur ancrage territorial. Le château, symbole de cette saga familiale, mêle ainsi patrimoine industriel (verrerie), politique (mairie) et résistant (Seconde Guerre mondiale).