Origine et histoire du Château de Saint-Ulrich
Le château de Saint-Ulrich, également nommé Grand-Ribeaupierre, est l’un des trois châteaux médiévaux surplombant Ribeauvillé dans le Haut-Rhin. Construit entre les XIIIe et XIVe siècles, il culmine à 528 mètres d’altitude et fut classé monument historique dès 1841. Ses vestiges, dont un donjon du XIIe siècle et une chapelle du XVe siècle dédiée à saint Ulrich, témoignent de son importance stratégique et architecturale.
Le château fut initialement la résidence principale des seigneurs de Ribeaupierre, mentionnés dès 1038 sous le nom de « rocher de Reginbald ». Au fil des siècles, il changea de mains entre l’Empire, l’évêché de Bâle et des fidèles comme Egenolphe d’Urslingen. Au XIIIe siècle, il devint le symbole de la puissance des Ribeaupierre, qui y résistèrent à deux sièges impériaux (1287 et 1293). La famille quitta les lieux en 1518 pour un château Renaissance, laissant Saint-Ulrich se dégrader pendant la guerre de Trente Ans.
L’architecture du château reflète plusieurs époques : donjon carré et logis du XIIe siècle, salle des chevaliers du XIIIe siècle avec ses fenêtres romanes, et barbacane du XIVe siècle. La chapelle Saint-Ulrich, ajoutée vers 1435, donne son nom actuel au site. Au XVe siècle, le château servit de prison, abritant des personnages comme Cunégonde d’Hungerstein, accusée du meurtre de son mari. Abandonné après le XVIe siècle, il fut restauré au XIXe siècle par Charles Winkler, puis en 1999-2000.
Les fouilles et études révèlent une occupation ancienne du site, peut-être dès l’époque hallstattienne. Le donjon circulaire, daté de la première moitié du XIIIe siècle, et la courtine ouest illustrent les techniques militaires médiévales. Le château, propriété de la commune, domine toujours la plaine d’Alsace, offrant un témoignage exceptionnel du Moyen Âge dans la région.
Classé parmi les monuments historiques, Saint-Ulrich partage son histoire avec les deux autres châteaux de Ribeauvillé (Girsberg et Haut-Ribeaupierre). Son état actuel, bien que partiel, permet d’imaginer son rôle central dans les conflits féodaux et la vie seigneuriale alsacienne. Les restaurations successives ont préservé ses murs, ses portes fortifiées et ses éléments défensifs, en faisant un lieu emblématique du patrimoine local.