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Château de Sainte-Assise à Seine-Port en Seine-et-Marne

Patrimoine classé
Patrimoine défensif
Demeure seigneuriale
Château de style néo-classique et palladien
Seine-et-Marne

Château de Sainte-Assise

    40 Rue Croix-Fontaine
    77240 Seine-Port
Château de Sainte-Assise
Château de Sainte-Assise

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1600
1700
1800
1900
2000
vers 1135
Fondation du prieuré de Saint-Acire
1150
Transfert de l’abbaye à Barbeau
1608
Construction du château par Caumartin
1700
Achat par Jean Glucq
1773
Cadeau à Mme de Montesson
1922
Vente à Radio France
1998
Acquisition par la Marine nationale
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Louis Lefèvre de Caumartin - Seigneur de Saint-Port et constructeur Bâtit le château en 1608 sur l’ancien prieuré.
Jean-Baptiste Glucq - Mécène et propriétaire Reçut Louis XV et agrandit le château.
Marquise de Montesson - Épouse du duc d’Orléans Organisa des spectacles et agrandit le domaine.
Jean-Baptiste-François de Montullé - Héritier de Glucq Vendit le château après un drame.
Prince Marc de Beauvau-Craon - Propriétaire au XIXe siècle Reconstitua partiellement le domaine familial.
Alexandre Dumas fils - Écrivain locataire Écrivit *L’Affaire Clemenceau* au pavillon.

Origine et histoire

Le château de Sainte-Assise trouve ses origines dans le prieuré de Saint-Acire, fondé vers 1135 sous l’invocation de saint Acire, avant de devenir l’abbaye royale de Sainte-Acire. Ce prieuré, dépendant de l’abbaye de Cîteaux, fut transféré en 1150 vers un site plus salubre dominant la Seine, à Barbeau. Louis VII offrit des terres à l’abbaye, dont les forêts de Sénart et de Beaulieu, confirmées par le pape Alexandre III en 1164. Le prieuré initial, rebaptisé plus tard Sainte-Assise, fut déplacé pour des raisons d’insalubrité.

Au début du XVIIe siècle, Louis Lefèvre de Caumartin, seigneur de Saint-Port, acquit en 1608 les terrains du prieuré de Saint-Acire par échange avec l’abbé de Barbeau. Il y construisit un château en forme de parallélogramme, flanqué de pavillons et de terrasses descendant vers la Seine, ne conservant que la chapelle d’origine. Henri IV érigea alors la seigneurie de Saint-Port en baronnie. Le domaine passa ensuite entre les mains de plusieurs familles, dont les Benoist et les La Chapelle, avant d’être vendu en 1700 à Jean Glucq, un industriel hollandais.

Jean-Baptiste Glucq, fils de Jean Glucq, héritier du château en 1709, en fit un lieu de réception fastueux, accueillant des artistes comme Watteau et des personnalités proches de Louis XV. Il agrandit le château après une visite royale, ajoutant un pavillon pour remédier à l’exiguïté de la salle à manger. Glucq, mécène éclairé, acquit aussi la bibliothèque de Bernard de La Monnoye et légua à son neveu, Jean-Baptiste-François de Montullé, un domaine marqué par des fêtes et une vie culturelle intense. Un drame en 1773, l’assassinat de son garde-chasse, poussa Montullé à vendre le château.

En 1773, le domaine fut offert à Mme de Montesson, épouse morganatique du duc d’Orléans, qui y organisa des spectacles et reçut des figures des Lumières comme d’Alembert, Grimm ou Laplace. Elle fit ajouter deux ailes au château et installer une pompe à feu pour alimenter les jardins en eau. Malgré ses efforts, Marie-Antoinette refusa de s’y arrêter, ce qui peina profondément le duc d’Orléans, qui y mourut peu après. Après sa mort, le château changea plusieurs fois de mains, dont la duchesse de Kingston et Carvillon des Tillières, qui morcela le domaine.

Au XIXe siècle, le château fut partiellement démoli par des entrepreneurs en 1807, avant d’être racheté par le comte de Pourtalès, puis par la famille de Beauvau-Craon, qui le conserva un siècle. En 1922, le prince Charles-Louis de Beauvau-Craon le vendit à la Compagnie Radio France, qui y installa une station émettrice. Depuis 1998, le site appartient à la Marine nationale, qui l’utilise pour communiquer avec les sous-marins nucléaires via des basses fréquences.

Le pavillon de Sainte-Assise, dépendance du château construite sur les bords de la Seine, abritait des personnalités comme l’ambassadeur américain Gouverneur Morris en 1796 ou Alexandre Dumas fils en 1855. Ce pavillon, racheté par la famille de Beauvau-Craon, fut aussi occupé par des proches du prince Marc, dont le duc de Guiche et le comte de Choiseul-Praslin, lui valant le nom de « pavillon de Choiseul ».

Liens externes