Origine et histoire du Château de Sainte-Hélène-sur-Isère
Le château de Sainte-Hélène-sur-Isère, initialement nommé château de Sainte-Hélène-des-Millières, est un ancien château fort du XIIIe siècle profondément remanié au XVIIe siècle. Il fut le siège de la seigneurie, puis de la baronnie de Sainte-Hélène-des-Millières. Sa première mention date du 9 octobre 1252, dans un acte de donation du comte de Savoie Amédée IV à son frère Boniface de Savoie, archevêque de Cantorbéry. À l’époque, le château appartenait à Pierre d’Aigueblanche, qui l’avait édifié et en déclarait la tenure en fief. Boniface y mourut le 14 juillet 1270, léguant ses biens à son neveu, Pierre II d’Aigueblanche. Le site, stratégique en plaine près de l’Isère, fut ensuite vendu vers 1355 à Girard de Varax, avant de passer aux La Chambre, famille noble savoyarde qui le conserva jusqu’en 1454.
Entre 1415 et 1454, les La Chambre — notamment Jean III, Urbain, et Gaspard — renforcèrent et occupèrent le château, avant qu’il ne passe par héritage aux La Chambre-Seyssel. Endettés, ces derniers le vendirent en 1607 à Jean-Baptiste de Locatel, originaire de Bergame, qui entreprit une restauration majeure après les dégâts des conflits franco-savoyards. Le château, partiellement ruiné, fut transformé en résidence seigneuriale. Au XVIIe siècle, il appartint aux Mareschal de Duingt, puis aux d’Allinges-Coudrée jusqu’à la Révolution. En 1793, ses tours furent arasées, et il fut vendu comme bien national avant de changer plusieurs fois de mains aux XIXe et XXe siècles.
L’édifice, inscrit aux monuments historiques depuis le 17 mai 1940, présente une enceinte quadrangulaire flanquée de trois tours rondes (dont un donjon arasé) et trois corps de logis. La tour sud-ouest conserve une cheminée Louis XIV, tandis que l’ancienne chapelle, utilisée comme église paroissiale au XIXe siècle, abrite une chambre où Boniface de Savoie serait décédé. Le château mêle ainsi des éléments médiévaux (mâchicoulis, salles voûtées) à des aménagements classiques (plafonds à la française, jardin d’hiver). Son parcellaire historique, incluant colombier et écuries, est documenté par la mappe sarde.
Parmi les éléments remarquables, le retable de la chapelle (représentant la Vierge, saint Roch et saint Sébastien) est aujourd’hui conservé au musée des beaux-arts de Chambéry. Le site, dominé par le Grand Arc et proche de l’Isère, illustre l’évolution d’une forteresse médiévale en demeure seigneuriale, marquée par les conflits et les alliances des familles nobles de Savoie entre Moyen Âge et époque moderne.