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Château de Sainte-Hermine en Vendée

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château

Château de Sainte-Hermine

    Rue de l'Église85210 Sainte-Hermine
Propriété privée
Château de Sainte-Hermine
Château de Sainte-Hermine
Château de Sainte-Hermine
Crédit photo : LPM1366 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1272
Visite de Philippe III *le Hardi*
fin XIIIe siècle
Construction de la tour défensive
1589 et 1598
Passages d’Henri IV
1620-1622
Reconstruction du château
avril 1622
Séjour de Louis XIII
1793
Réunion des généraux vendéens
17 février 2005
Inscription aux Monuments Historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le château en totalité, y compris la tour en éperon de la fin du XIIIe siècle (cad. AC 111 : château, 108 : tour) : inscription par arrêté du 17 février 2005

Personnages clés

Philippe III *le Hardi* - Roi de France Premier visiteur royal connu en 1272.
Henri IV - Roi de France Séjournait au château en 1589 et 1598.
François des Nouhes - Seigneur protestant et gouverneur Acheteur du château en 1598, compagnon d’Henri IV.
Jacques des Nouhes - Marquis et gouverneur du Bas-Poitou Commanditaire de la reconstruction (1620-1622).
Louis XIII - Roi de France Séjour en 1622, chambre décorée redécouverte.
Philippe de Courcillon, marquis de Dangeau - Diplomate et mémorialiste Propriétaire au XVIIe siècle, académicien et courtisan.

Origine et histoire du Château de Sainte-Hermine

Le château de Sainte-Hermine, situé en Vendée dans les Pays de la Loire, trouve ses origines à la fin du XIIIe siècle avec la construction d’une tour défensive sur une langue de terre entourée par la rivière. Ce site stratégique, protégé naturellement par l’eau et renforcé par des tranchées, attira rapidement une population en quête de sécurité face aux invasions et désordres de l’époque. Les serfs, colons libres et artisans s’installèrent autour de la forteresse, formant un bourg qui prit de l’importance au détriment de localités voisines comme Thiré, dépourvues de défenses.

Au XIIe siècle, la seigneurie appartenait probablement à Pierre Troncas, puis passa à la famille de Mareuil. Le prieuré Saint-Hermand, fondé vers 1120 par le seigneur de la Réorthe, marqua le développement religieux du site. Le château, initialement appelé tour de Saint-Hermand, devint au XIVe siècle le château de Sainte-Hermine, nom inspiré de la chapelle castrale dédiée à sainte Irmine. Cette évolution reflète aussi la division du bourg entre deux pôles : l’un proche du château (Sainte-Hermine) et l’autre autour du prieuré (Saint-Hermand), réunis seulement après la Révolution.

La forteresse médiévale connut des propriétaires prestigieux, dont les familles de Lusignan, Brienne, et La Trémoille. Au XVIe siècle, Charlotte-Catherine de La Trémoille, accusée d’avoir empoisonné son époux, le prince de Condé, vendit la baronnie à François des Nouhes, compagnon d’Henri IV. Ce dernier, protestant et gouverneur de Fontenay-le-Comte, entreprit avec son gendre Jacques des Nouhes la reconstruction du château entre 1620 et 1622, dans un style sobre reflétant leur foi réformée. L’architecte Mathurin Bernard dirige les travaux, comme en témoigne une pierre sculptée sur la façade nord.

Le château accueillit des visiteurs illustres : Philippe III le Hardi en 1272, Henri IV à plusieurs reprises (notamment en 1589 et 1598), et Louis XIII en 1622. Ce dernier y séjournait dans le cadre de sa campagne contre les huguenots rebelles, menés par Benjamin de Rohan. Une chambre décorée de fleurs de lys et d’attributs royaux, redécouverte en 2004, atteste de son passage. Le monument, inscrit aux Monuments Historiques en 2005, conserve des éléments médiévaux (comme la Tour à Bernard) et des décors peints du XVIIe siècle.

Après la Révolution, le château changea plusieurs fois de mains, passant des familles nobles (Luynes, La Bretesche) à des propriétaires bourgeois comme les Landois-Buet au XIXe siècle. Au XXe siècle, il fut acquis par la famille de La Tour de Saint Lupicin, qui y organisa des événements culturels, dont le festival de l’Histoire de France. Aujourd’hui, le site témoigne de près de huit siècles d’histoire, mêlant architecture militaire, vie seigneuriale et enjeux religieux.

Liens externes

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