Frise chronologique
XIe siècle
Premier seigneur connu
Premier seigneur connu
XIe siècle (≈ 1150)
Herbert d’Agneaux cité dans une charte.
1373
Fief lié à Jehan de La Haye
Fief lié à Jehan de La Haye
1373 (≈ 1373)
Mention de la dépendance à l’évêché de Coutances.
1460
Mort de Richard d’Esquay
Mort de Richard d’Esquay
1460 (≈ 1460)
Transmission du fief aux Sainte-Marie.
XVIe siècle
Chapelle transformée en temple réformé
Chapelle transformée en temple réformé
XVIe siècle (≈ 1650)
Témoin des guerres de Religion en Normandie.
2 avril 1946
Inscription de la ferme
Inscription de la ferme
2 avril 1946 (≈ 1946)
Protection au titre des monuments historiques.
3 mai 1974
Inscription des façades
Inscription des façades
3 mai 1974 (≈ 1974)
Classement partiel du château.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Ferme (cad. A 75) : inscription par arrêté du 2 avril 1946 ; Façades et toitures du château (à l'exclusion de celles de l'aile du XIXe siècle) (cad. A 75) : inscription par arrêté du 3 mai 1974
Personnages clés
| Herbert d’Agneaux - Seigneur du XIe siècle |
Premier détenteur connu du fief. |
| Raoul de Sainte-Marie - Seigneur d’Agneaux (mort en 1496) |
Époux de Girette d’Esquay, ancêtre de la lignée. |
| Jean de Sainte-Marie - Gouverneur de Saint-Lô (jusqu’en 1563) |
Contraint à évacuer la ville. |
| Jacques de Sainte-Marie - Gouverneur de Granville (XVIIe siècle) |
Chevalier de Saint-Michel sous Henri IV. |
| Jean-Jacques-René de Sainte-Marie - Marquis et page du roi (1720) |
Dernier héritier notable avant le XVIIIe siècle. |
Origine et histoire
Le château de Sainte-Marie, situé à Agneaux dans la Manche, est une ancienne demeure fortifiée dont les origines remontent au XIIIe siècle, profondément remaniée aux XVe et XVIe siècles. Il se dresse sur une colline boisée, à 800 mètres au nord-ouest du bourg, dominant la vallée de la Vire. Le fief d’Agneaux, relevant de la baronnie de Saint-Lô, était un domaine noble lié à l’évêché de Coutances. Les premières mentions écrites évoquent Herbert d’Agneaux au XIe siècle, seigneur dont la famille portait « d’azur à trois agneaux bêlants d’argent » comme armoiries. Le château actuel conserve des vestiges des XVe et XVIe siècles, ainsi qu’une chapelle transformée en temple réformé et une ferme en travertin datée du XVIIe siècle.
Au XVe siècle, le fief passe aux mains de la famille d’Esquay : Reignier d’Esquay cède la place à son fils Richard d’Esquay (mort en 1460), dont la fille Girette épouse Raoul de Sainte-Marie. Ce dernier, décédé en 1496, transmet le domaine à son fils Jean de Sainte-Marie, allié à la noblesse proche de Louis XI. La lignée des Sainte-Marie marque l’histoire du château pendant deux siècles : Nicolas de Sainte-Marie (mort en 1591), chevalier du roi et capitaine de Valognes, puis son fils Jacques, gouverneur de Granville sous Henri IV et Louis XIII. Le fief reste dans cette famille jusqu’au XVIIIe siècle, avec des figures comme Jean-Jacques-René de Sainte-Marie, marquis et page du roi en 1720.
Les destructions de la fin du XVIIIe siècle ont altéré une partie du château, mais les éléments des XVe et XVIe siècles subsistent, aux côtés de la ferme classée en 1946 et des façades inscrites en 1974. La chapelle, temporairement convertie au protestantisme au XVIe siècle, témoigne des troubles religieux de l’époque. Aujourd’hui, le domaine abrite des chambres d’hôtes et un restaurant, perpétuant son rôle d’accueil tout en préservant un patrimoine lié à l’aristocratie normande et aux conflits entre catholiques et réformés.