Origine et histoire du Château de Salans
Le château de Salans, situé dans le Jura en Bourgogne-Franche-Comté, trouve ses origines au XVIIe siècle avec la construction d’un manoir par la famille de Laborey, sur les bords du Doubs. Ce manoir, acquis après la Révolution par le baron Claude-Alexandre Desbiez de Saint-Juan, fut profondément transformé au début du XIXe siècle par son fils, Charles de Saint-Juan, qui lui donna son style néoclassique actuel, avec des ailes ajoutées et une façade repensée.
Le baron Charles de Saint-Juan, conseiller général du Doubs, modernisa également l’intérieur dans un style Directoire et créa un parc romantique à l’anglaise de trois hectares, doté d’une cascade, d’une rivière et d’essences exotiques. Ce parc, comme le château, fut inscrit aux monuments historiques en 1992, préservant ainsi l’héritage architectural et paysager de cette propriété qui accueillit l’élite intellectuelle régionale au XIXe siècle.
À l’origine, un château défensif médiéval existait sur les hauteurs de Salans, probablement détruit en 1479 par les troupes de Louis XI. Ce premier édifice appartenait successivement aux familles de Vienne, de Gorrevod et à Jean Bontemps d’Arbois, trésorier de Bourgogne. Après la Révolution, le manoir du XVIIe siècle, confisqué à la famille de Laborey (dont le dernier héritier fut fusillé en 1798), passa aux Desbiez de Saint-Juan, qui en firent un lieu de culture et de réception jusqu’en 1918.
Au XXe siècle, le château changea plusieurs fois de mains. En 1935, Félicien Ruffet, ancien garde républicain revenu du Laos, y installa sa famille et restaura la propriété dans un style Directoire, ajoutant vergers et ruches. En 1985, la famille Ruffet vendit le domaine, qui fut ensuite méticuleusement restauré par Monsieur et Madame Opelt (1997-2007) avant de devenir la propriété de la famille Guillemin.
L’architecture du château mêle une tour du XVIIe siècle, conservée à l’arrière, et une façade néoclassique ouvrant sur le parc. Ce dernier, avec son ruisseau, son étang et ses murs de clôture, ainsi que les portails est et nord, est protégé au titre des monuments historiques depuis 1992. Le grand escalier intérieur, les façades et les toitures du corps de logis font également partie des éléments classés.
Le château de Salans fut un haut lieu de la vie intellectuelle franc-comtoise au XIXe siècle. Charles de Saint-Juan y reçut des figures comme Charles Nodier, Auguste Castan et Charles Weiss. Sa fille, Marie de Saint-Juan, surnommée la « Madame de Sévigné franc-comtoise », y anima un salon littéraire et musical, accueillant notamment Charles de Montalembert et le père Lacordaire, tout en publiant des ouvrages religieux et culinaires.