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Château de Salans dans le Jura

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château de style néo-classique et palladien
Château de Salans
Château de Salans
Crédit photo : Roframy - Sous licence Creative Commons
Propriété privée
39700 Salans, 2-4 Rue de l'Église

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1479
Destruction du premier château
début XVIIe siècle
Construction du manoir
26 juin 1798
Exécution du dernier Laborey
début XIXe siècle
Transformation néoclassique
1918
Fin de la propriété Saint-Juan
23 juillet 1992
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures du corps de logis et des communs ; grand escalier intérieur du corps de logis ; rocaille de la fontaine de la cour ; parc avec son ruisseau, son étang et ses murs de clôture ; portails Est et Nord (cad. AB 3, 4) : inscription par arrêté du 23 juillet 1992

Personnages clés

Charles de Saint-Juan (1785-1862) - Baron et conseiller général du Doubs Transforma le château en style néoclassique au XIXe.
Marie de Saint-Juan (1822-1890) - Auteure et salonnière Surnommée « Madame de Sévigné franc-comtoise ».
Jean Bontemps d’Arbois - Trésorier général de Bourgogne Propriétaire du premier château avant 1479.
Félicien Ruffet (1872-1958) - Ancien garde républicain Restaura le domaine en 1935 après son retour du Laos.
Alexandre de Saint-Juan (1820-1863) - Poète Trouva son inspiration au château de Salans.
Claude-Alexandre Desbiez de Saint-Juan - Ancien avocat général Acheta le château après la Révolution (1798).

Origine et histoire du Château de Salans

Le château de Salans, situé dans le Jura en Bourgogne-Franche-Comté, trouve ses origines au XVIIe siècle avec la construction d’un manoir par la famille de Laborey, sur les bords du Doubs. Ce manoir, acquis après la Révolution par le baron Claude-Alexandre Desbiez de Saint-Juan, fut profondément transformé au début du XIXe siècle par son fils, Charles de Saint-Juan, qui lui donna son style néoclassique actuel, avec des ailes ajoutées et une façade repensée.

Le baron Charles de Saint-Juan, conseiller général du Doubs, modernisa également l’intérieur dans un style Directoire et créa un parc romantique à l’anglaise de trois hectares, doté d’une cascade, d’une rivière et d’essences exotiques. Ce parc, comme le château, fut inscrit aux monuments historiques en 1992, préservant ainsi l’héritage architectural et paysager de cette propriété qui accueillit l’élite intellectuelle régionale au XIXe siècle.

À l’origine, un château défensif médiéval existait sur les hauteurs de Salans, probablement détruit en 1479 par les troupes de Louis XI. Ce premier édifice appartenait successivement aux familles de Vienne, de Gorrevod et à Jean Bontemps d’Arbois, trésorier de Bourgogne. Après la Révolution, le manoir du XVIIe siècle, confisqué à la famille de Laborey (dont le dernier héritier fut fusillé en 1798), passa aux Desbiez de Saint-Juan, qui en firent un lieu de culture et de réception jusqu’en 1918.

Au XXe siècle, le château changea plusieurs fois de mains. En 1935, Félicien Ruffet, ancien garde républicain revenu du Laos, y installa sa famille et restaura la propriété dans un style Directoire, ajoutant vergers et ruches. En 1985, la famille Ruffet vendit le domaine, qui fut ensuite méticuleusement restauré par Monsieur et Madame Opelt (1997-2007) avant de devenir la propriété de la famille Guillemin.

L’architecture du château mêle une tour du XVIIe siècle, conservée à l’arrière, et une façade néoclassique ouvrant sur le parc. Ce dernier, avec son ruisseau, son étang et ses murs de clôture, ainsi que les portails est et nord, est protégé au titre des monuments historiques depuis 1992. Le grand escalier intérieur, les façades et les toitures du corps de logis font également partie des éléments classés.

Le château de Salans fut un haut lieu de la vie intellectuelle franc-comtoise au XIXe siècle. Charles de Saint-Juan y reçut des figures comme Charles Nodier, Auguste Castan et Charles Weiss. Sa fille, Marie de Saint-Juan, surnommée la « Madame de Sévigné franc-comtoise », y anima un salon littéraire et musical, accueillant notamment Charles de Montalembert et le père Lacordaire, tout en publiant des ouvrages religieux et culinaires.

Liens externes

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