Origine et histoire du Château de Sandaucourt
Le château de Sandaucourt, situé dans le département des Vosges en région Grand Est, a probablement été construit par Aloff de Beauvau ou son demi-frère Claude, seigneur de Sandaucourt de 1549 à 1553. À la mort de Claude en 1553, le château est partagé entre ses deux gendres, Claude de Reinach et Jean de Damas, restant en indivision jusqu’en 1715. Ce statut particulier lui permet d’être épargné pendant la guerre de Trente Ans, grâce à la loyauté des Fulligny-Damas envers le roi de France Louis XIII, contrairement à la famille de Haraucourt, fidèle au duc de Lorraine.
En 1672, le cardinal de Retz visite le château pour le baptême de son filleul, Jean-François Paul de Fulligny-Damas, fils de l’un des coseigneurs. Le château change plusieurs fois de mains au XVIIIe siècle, passant notamment entre celles du marquis espagnol d'Amenzuaga de Riscal d'Alegre, puis du Fermier Général de Lorraine Sigisbert Richard, avant d’être acquis par François de Saint-Ligier. Ce dernier modernise l’édifice en comblant les douves, agrandissant les fenêtres et ajoutant des éléments décoratifs comme un perron et un balcon.
Au XVIIIe siècle, le château est occupé par Agnès de Bry d’Artois, épouse de François de Saint-Ligier, qui y réside seule pendant la Révolution française. Par héritage, il échoit ensuite aux Scitivaux de Greische, derniers nobles propriétaires. Au XXe siècle, le château devient une fromagerie en 1931, puis un foyer pour immigrés en 1969. Rachété en 1976 par le docteur Kirsch, il est restauré et partiellement classé monument historique en 1980. Aujourd’hui, il est ouvert au public et abrite une collection de véhicules Panhard.
Le château allie caractéristiques défensives (quatre tours rondes, bouches à feu) et éléments de confort (grandes fenêtres, balcon en ferronnerie). Ses caves, son oratoire, sa salle aux colonnes (ancienne chapelle) et son parc, où repose Marthe-Odile Lersy, ancienne châtelaine, sont accessibles lors des visites estivales et des Journées du Patrimoine. Les dépendances abritent également les vestiges d’un pigeonnier circulaire.
Son histoire reflète les tensions politiques entre la Lorraine et la France, ainsi que les transformations architecturales et sociales traversées par les châteaux français des XVIe au XXe siècles. La restauration entreprise depuis 1976 a permis de préserver ses boiseries, son grand escalier et ses décors intérieurs, tout en adaptant le site à des usages modernes.