Origine et histoire du Château de Sarzay
Le château de Sarzay, édifié aux XVe et XVIe siècles, fut d’abord une motte castrale entourée de fossés, transformée en une imposante forteresse par la famille de Barbançois, seigneurs des lieux depuis le milieu du XIVe siècle. Cette lignée de chevaliers, active durant la guerre de Cent Ans, érigea un corps de logis flanqué de quatre tours couronnées de mâchicoulis vers 1440, résistant aux invasions anglaises, aux guerres de Religion, à la Fronde et à la Révolution. La seigneurie devint un marquisat en 1651, avant d’être vendue en 1720, marquant la fin de l’ère des Barbançois.
En 1538, un duel judiciaire opposa Hélion de Barbançois, alors âgé de 70 ans, à François de Saint-Julien sous les yeux du roi François Ier. Le château, intact après les conflits, inspira plus tard George Sand pour son roman Le Meunier d’Angibault (1844), où elle le décrivit comme un « castel élégant ». Classé Monument historique en 1912, il fut acquis dans les années 1980 par la famille Hurbain, qui entreprit sa restauration malgré des démêlés judiciaires pour travaux non autorisés.
La structure actuelle comprend un donjon-logis rectangulaire avec quatre tours d’angle, une chapelle fortifiée dans l’enceinte, et des douves profondes restaurées. Les salles intérieures, meublées d’époque, conservent leur authenticité, tandis que la charpente des tours offre une vue sur le paysage berrichon. Une halle médiévale et des dépendances converties en chambres d’hôtes complètent aujourd’hui l’ensemble, perçant le mystère de cette forteresse ayant traversé les siècles sans dommage majeur.
La famille de Barbançois, propriétaires pendant près de 400 ans, marqua l’histoire locale par leur résistance aux Anglais, comme en 1360, lorsque Guillaume de Barbançois chassa les troupes de La Châtre avant de piller la ville. Le château, situé à la limite du royaume de France face aux territoires anglais (Poitou, Limousin, Aquitaine), joua un rôle stratégique durant la guerre de Cent Ans, avant de devenir un symbole de stabilité régionale.
Les vestiges de la première enceinte, percés d’un porche aux armoiries du XVe siècle, évoquent une trentaine de tours aujourd’hui disparues. La basse-cour abrite des bâtiments des XVe et XIXe siècles, tandis que la tour-chapelle, unique reste de l’enceinte primitive, rappelle les origines religieuses du site, lié à l’archevêché de Bourges. Sarzay, élevée au rang de cité en 1300, illustre l’évolution d’un village berrichon en un lieu de pouvoir féodal.
Depuis les années 1980, les Hurbain ont redonné vie au château, malgré des conflits avec les Monuments historiques pour des travaux non approuvés (restauration des douves, construction de halles). Condamné à une amende de 30 000 francs et six mois de prison avec sursis, Richard Hurbain, ancien releveur de compteur à Seine-Saint-Denis, incarna la passion patrimoniale face aux contraintes administratives. Aujourd’hui, le site allie visites touristiques, hébergements et préservation d’un patrimoine médiéval exceptionnel.