Origine et histoire du Château de Saulières
Le château de Saulières, situé à Saint-Péreuse dans la Nièvre (Bourgogne-Franche-Comté), est une construction néo-classique de la fin du XVIIIe siècle, édifiée en 1786 par Jacques-Louis II de La Ferté-Meun, vicomte de Solière. Il remplace une ancienne demeure seigneuriale liée au fief de Solière, mentionné dès le XIIIe siècle. Le style italianisant et les terrasses successives reflètent l’influence néo-palladienne, tandis que des éléments médiévaux, comme une tour ronde du XVIe siècle, subsistent dans le « vieux château ». Le domaine inclut aussi une chapelle gothique (1858) et une halle de séchage du XVIIIe siècle.
Le château fut bâti sur une terre seigneuriale en mouvance du comté de Château-Chinon et du duché de Nevers. Dès 1469, la seigneurie de Solière, détenue par des familles comme les Verrières ou les La Ferté-Meun, jouissait de droits de justice (basse et moyenne). Au XIIIe siècle, Hugues de Verrières et son épouse Agnès de Fontenay, seigneurs du lieu, choisirent leur sépulture à l’abbaye de Bellevaux. Le château actuel, propriété privée, conserve un décor intérieur du XVIIIe siècle (boiseries, tissus d’indienne) et un parc aménagé au XIXe siècle, avec un théâtre de verdure et un labyrinthe.
La chapelle des Bois, inachevée (1824), abrite le tombeau de Jacques-Louis II de La Ferté-Meun, figure révolutionnaire controversée. Son neveu, Fernand de La Ferté-Meun, vendit le domaine en 1840 à la famille Grangier de La Marinière, puis aux comtes d’Azy. Au XIXe siècle, Georges du Pré de Saint-Maur y ajouta une chapelle familiale (1859) et fonda une maison religieuse nearby. Le château, inscrit aux Monuments Historiques en 1997 et 2005, illustre l’évolution architecturale et sociale d’une seigneurie morvandelle, des croisades à la Révolution.
Les communs du XVIIIe siècle, avec leurs écuries et leur orangerie, complètent l’ensemble. Le portail en anse de panier et les mangeoires ovales en pierre témoignent de l’attention portée aux dépendances. La halle de séchage, typique des domaines agricoles de l’époque, rappelle l’activité économique liée à la forêt morvandelle. Le parc, conçu en terrasses, descend vers un étang où une chapelle gothique surplombe le tombeau des La Ferté-Meun, symbole de leur ancrage local.
L’intérieur du château, remanié au XIXe siècle, a perdu son grand escalier mais conserve des salles remarquables : le grand salon (tissus d’indienne), la salle de billard (panoramiques) et la salle à manger, protégés depuis 1997. Les vitraux de la chapelle, signés « A. Lusson, Paris 1859 », et les boiseries reflètent le goût éclectique des propriétaires. Le domaine, toujours propriété des descendants du comte d’Azy, reste un exemple préservé d’architecture néo-classique en milieu rural.
Le vieux château, partiellement en ruine, conserve une tour ronde du XVIe siècle, ancien pigeonnier, et des vestiges de l’enceinte seigneuriale. Les murs de clôture et l’orangerie, inscrits en 2005, délimitent un espace où se mêlent histoire médiévale et aménagements des Lumières. Le pilori, lieu-dit voisin, rappelle les droits seigneuriaux exercés jusqu’à la Révolution, période durant laquelle Jacques-Louis II de La Ferté-Meun, bien que révolutionnaire, fut perçu comme un homme « dur et redoutable » par la population locale.